22 mai 2016
Les douze coups de minuit au musée

 

 

 

 

Une vraie soirée d’été pour cette nouvelle édition de la nuit des musées qui, dans les faits, a joué les Cendrillon, avec pour la soixantaine de musées parisiens la fermeture des portes à minuit. Au programme d’hier soir, la gratuité et des happenings avec des concerts, des lectures et  des oeuvres éphémères comme au Musée de la Chasse toujours aussi magique à découvrir dans ce ravissant hôtel particulier du Marais; un tapis peau de lion revisité avec des caisses militaires était du plus nbel effet au milieu des toiles, armes et autres animaux merveilleusement naturalisés qui ornent les salles. Une touche moderne dans une architecture classique que l’on pouvait découvrir également à la Fondation Mona Bismarck qui propose jusqu’au 17 juillet un superbe accrochage sous le titre WasteLand- La Terre vaine du poème de T.S. Eliot, qui regroupe quatorze artistes venus de Los Angeles, en lien avec la Galerie Taddeus Roppac de Pantin.

Moderne/classique

Dans le salon chinois, on peut ainsi découvrir les toiles d’Amanda Roos-Ho en parfaite résonance avec les bas reliefs du salon, et cela parfaitement “out of the blue” (par hasard) comme disent les américains. A l’étage, une cabane de livres dont certains pris dans des cristaux de sucre signée Edgar Arceneaux est un petit bonheur pour les yeux rappelant que l’art contemporain peut être magistral à l’image des collections de Beaubourg à découvrir dans un nouvel accrochage. Mondrian, Le Corbusier, Leger, Delaunay, Kandinsky- une véritable extase pour les yeux  et accessoirement pour les oreilles avec, au sous-sol, les notes d’un jeune chanteur talentueux, genre Raphaël, pour découvrir dans une autre salle, Grace Jones et les photos des années 80. Le tout dans une ambiance  presque intimiste, similaire à celle qui régnait dans les salles du Musée Henner, rouvert au public ce samedi 21 mai après une superbe rénovation pour retrouver en plein 17 ème arrondissement, cet hôtel particulier qui abrite de magnifiques toiles de ce peintre de la fin du XIXème, assez méconnu malgré son prix de Rome et la salle qui porte son nom au Louvre.

Le musée Henner, un petit bijou

Ses petits formats de paysages italiens ou alsaciens d’où il était originaire, peints sur des planches en bois, les portraits de son fils Paul, les natures mortes-pommes, poires-ou encore les femmes rousses que l’on retrouve sur toutes les cimaises sont un véritable enchantement, accompagné de danse du corps de ballet de l’Opéra ou de la musique d’une ensemble classique. Enfin, les Beaux Arts, ouverts jusqu’à une heure du matin constituent pour les semaines à venir un passage obligé avec la très belle installation autour de la mythologie et de l’irrationnel-Extra natural-réalisée par les étudiants sous la direction de l’américain Mark Dion- superbe. Et pas seulement gratuitement et la nuit, quand tous les chats sont gris…

LM

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