3 février 2018
Les Césars, Alain Terzian le très méchant


Blacklisté. Jim Le Pariser l’est définitivement auprès de l’Académie des Césars. Tant pis pour le poster et le sac en tissu, on nous a pas laissé entrer à la conférence de presse qui avait lieu mercredi 31 janvier à 10 heures au Fouquet’s. Il faut dire qu’entre le groupe Barrière- propriétaire du Fouquet’s- et le producteur et Président de l’Académie des Césars depuis 2003 , Alain Terzian, c’est une grande histoire d’amour avec notamment en 2013, le film très médiocre Normandy Hôtel, produit par ce dernier, une heure et demi de publicité pour l’hôtel du même nom à Deauville. Déjeuner des producteurs, des nommés, dîner après la cérémonie, le Fouquet’s est le partenaire privilégié des Césars pour Alain Terzian opportuniste-né et homme de réseaux qui, en 2012, a soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle et en 2017,  Emmanuel Macron, le considérant ” comme un homme de culture”. Jamais avare de compliments à l’égard des gouvernants, il a été ainsi promu commandeur de Légion d’honneur en 2012, Officier de l’ordre national du Mérite, Chevalier des Arts et des Lettres et a obtenu la Médaille de Vermeil de la Ville de Paris; autant de distinctions pour un simple producteur de mauvais films comme en convient à voix basse l’ensemble le la profession mais qui assure à ceux qui nous gouvernent une bonne place le soir de cette 43 ème cérémonie qui aura lieu cette année 2018 le vendredi 2 mars à la Salle Pleyel, et sera retransmise en clair et en direct sur Canal+.

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil? 

Elle sera présentée par le comédien Manuel Payet, avec un hommage particulier à Jeanne Moreau que rendra Vanessa Paradis, en chantant le Tourbillon de la vie, chanson phare du film Jules et Jim ( Jim Le Pariser, c’est pour lui) de François Truffaut; sans compter ceux rendus à Jean Rochefort ou encore Danielle Darrieux. Films favoris:  120 battements par minute, de Robin Campillo, Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel, adaptation du Prix Goncourt de Pierre Lemaitre, Barbara de Mathieu Almaric, la comédie  Le Sens de la fête, d’Olivier Nakache et Eric Toledano. Le superbe Petit paysan, premier film d’Hubert Charuel, fils d’agriculteurs diplômé de la Femis est huit fois nommé,  notamment dans la catégorie Meilleure réalisation et Meilleur film- lire nos critiques. Du côté des actrices et des acteurs, Jeanne Balibar, excellente dans Barbara, Juliette Binoche dans  le très médiocre Un beau soleil intérieur, de Claire Denis, Daniel Auteuil dans Le Brio et Jean-Pierre Bacri dans Le Sens de la fête seront face à Louis Garrel (Le Redoutable) et Swann Arlaud (Petit paysan). Enfin, nouveauté,  le César du public récompensera le film français ayant réalisé le plus d’entrées au cours de l’année 2017, histoire de tenter de mettre fin à la polémique sur une sélection trop éloignée du public.

Des méthodes de voyou

Mais revenons à Monsieur Terzian. En ce qui nous concerne, nous avons pu, il y a quelques années, mesurer combien le personnage peut être répréhensible au cours d’une rencontre fortuite: dans la file d’attente devant le Ministère de la Culture pour les voeux de la ministre de l’époque, Fleur Pellerin, nous l’avions apostrophé en nous plaignant de ne pas avoir de réponse de son service de presse pour couvrir la cérémonie. A l’époque, Jim LePariser était associé au Parisien grâce à son PDG Jean Hornain. Dans l’après-midi même, le Directeur de la rédaction du Parisien de l’époque, Thierry Borsa, recevait un coup de fil d’Alain Terzian demandant notre peau- lire article. Alain Grasset, journaliste cinéma pendant quarante deux ans au même journal avait eu également droit, à l’occasion d’un papier soulignant l’opacité qui règne dans l’établissement de la liste des nommés –lire notre article– aux foudres d’Alain Terzian; lequel n’a jamais répondu à son mail lui annonçant son départ de la rédaction de Parisien en juin dernier. Normal, il ne lui était plus utile…

Alors Monsieur Terzian, si en en 2012, dans Madame Figaro, vous déclariez que vous aimeriez plus tard que l’on dise de vous: “C’était un type bien, droit et loyal. Il avait des valeurs et une vraie force morale”, c’est vraiment raté, sans comptez ce qui risque bien de sortir sur vous si les jeunes actrices se mettent à parler  dans la mouvance de l’affaire Weinstein…Nous y reviendrons dans notre newsletter de la semaine prochaine, spéciale femme en clin d’oeil à la Saint Valentin.

Par Laetitia Monsacré

 

Articles similaires