1 février 2013
Le roi danse

Frédéric Lodéon aurait été heureux. Le génial animateur radio de France Inter qui fait tous les après-midi découvrir avec une générosité gargantuesque sa passion pour la musique classique en « ouvrant la porte à ceux qui sont dehors », aurait en effet sans conteste, apprécié, s’il n’était à Nantes pour les Folles journées de Bach, d’entendre résonner les notes du célèbre compositeur sur la scène de l’Opéra Royal de Versailles dans Empreinte,  ballet hommage de Tony Fabre au grand Béjart. Et voir une salle ô combien bourgeoise céder en une heure et demie à la générosité de coeur du ballet Lausanne qui offrit une soirée dont on se souvient. La technique irréprochable comme celle de la danseuse star Elisabeth Bos -ressemblant à Jeanne Balibar- est ici au service de la joie de danser-communicative, surtout lorsqu’elle se fait sur la musique de Brel, « être désespéré mais avec espérance » et Barbara. La valse à quatre temps pour l’ensemble du ballet, La solitude, un duo de deux danseurs avec un kimono que l’on se passe à la fin, l’Aigle noir où l’on découvre le digne héritier de Nicolas Le Riche, Oscar Charon , 27 ans, un danseur colombien qui tel un félin bouge et danse sur la scène de cet opéra absolument magnifique à la très belle acoustique de théâtre à l’italienne. Faux marbres, tapisseries, bancs tapissés de bleu empire, lustre en cristal, un voyage dans le temps avec sur scène un spectacle inspiré -quelques figures de hip-hop au passage- qui aurait sans nul doute plu au Roi-Soleil, féru de danse et lui même la pratiquant. Un bémol, seulement trois dates complètes… La rançon du talent. En tout cas comme dirait la longue dame brune « Pour tant de beauté, merci et chapeau bas ».

 

Ballet Lausanne à l’Opéra Royal les 1er et 2 février puis retour en mai à Théatre Chaillot dans Light

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