22 mai 2014
Le Lutetia, tout doit disparaître

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Après Le Ritz, Le Crillon et le Plaza Athénée, Le Lutétia n’ a pas pu lutter, malgré sa situation unique Rive Gauche, à la course au bling bling que les palaces se livrent depuis quelques années. Trop vieux, pas assez design, le voilà à son tour fermé pour trois ans, son personnel mis à la porte, les sociétés propriétaires faisant rarement dans le social. C’était pourtant une des richesses de ces lieux que ces concierges et autres maîtres d’hôtel qui connaissaient les prénoms des enfants( ou des maîtresses…) de leurs clients, mais au diable tout cela, un ordinateur fera tout autant l’affaire. Avec cette nouvelle fermeture, on tente par ailleurs de chasser les fantômes de de Daulle qui y passa sa nuit de noce ou encore de Saint Exupéry en vendant tout le mobilier, tableaux, argenterie et vins, histoire de faire table rase du passé. En habitué du lieu, c’est Pierre Bergé avec la maison de vente qui porte son nom qui a raflé la vente des quelques sculptures et autres meubles de designer ou d’artistes tandis que fauteuils, lampes et autres tapis vont s’éparpiller aux gré des acheteurs. A voir le catalogue, il est vrai que le mobilier avait vieilli. A environ 500 euros la nuit, il y avait de quoi attendre mieux pour le mobilier de certaines chambres comme ces deux chevets et tête de lit très ordinaires qui sont partis à 400 euros. Un prix modique mais très largement au dessus de l’estimation comme ces lampes de chevet Art déco vendus 800 euros la paire, estimées à 120. Avec les enchères sur internet, il était peu probable que les particuliers massés dans l’ancien lobby et le salon Borghese coté boulevard Raspail puissent espérer faire une bonne affaire; pour les célèbres fauteuils gondole, estimés 100 euros, les enchères sont allées au delà des 1000 euros ce qui ne manquera pas, avec 3700 objets en vente, d’offrir un joli bonus pour financer les travaux. S’étalant sur cinq jours, les plus beaux lots ont été vendus lundi, mais, avis aux amateurs de vins, les caves du Lutétia se vident demain…

AW

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs