8 mai 2017
Le Bordelais, côté Sauternes et Médoc

Le gel a piégé les premiers bourgeons de vigne. Quelques 60 % des pieds seraient ainsi perdus pour ce cru 2017, avec des domaines épargnés comme ceux “non gélifs” à l’image du Château Rayne Vigneau, grand cru classé sauternois qui n’aura pas à faire appel aux hélicoptères pour réchauffer l’atmosphère ou aux braseros dans le vignes à maintenir allumés toute la nuit. Le vin blanc sucré qui en est pressé est “aimable, à consommer tout au long du repas” selon les mots de son propriétaire, même s’il reconnait que le Sauternes, vin sucré s’il en est,  est de moins en moins bu; alors on tente ici le marketing, étiquette relookée design ou producteurs qui se transforment en VRP tout au long de l’année comme François Janoueix et son Château Romer, vin familial bien loin de la débauche de moyens que l’on peut voir au Château Yquem, star absolu des Sauternes. Appartenant au groupe LVMH, le chai y est somptueux (confirmant la devise que dans le bordelais, “on fait du vin avec de l’argent” contrairement à la Bourgogne où ce serait le contraire…) tandis que la salle de dégustation a été confiée à une pointure de la décoration, Sybille de Margerie. 

Le Médoc, du côté des heureux du monde

A une vingtaine de kilomètres de là, l’ambiance change dans les terres du Médoc; on y ouvre la bouteille plus difficilement et l’on y cultive l’art de vigne avec plus de cérémonial à l’image de ces chais cathédrales, souvent confiés à des architectes renommés. L’odeur du tanin médocain vous y saisit lorsque vous entrez au milieu des cuves en inox, en attendant le transfert en fûts de chêne puis la mise en bouteilles qui seront essaimées à travers le monde. Et si dans les Margaux, la plupart des  châteaux ne sont plus habités, quelques uns échappent encore à la règle comme le Malescot St Exupéry ou le Château D’Issan, ravissant castelet avec son salon rempli de photos de famille et ses trophées de chasse; quant au Château du Tertre, celui-ci, propriété d’un riche hollandais est tout simplement une splendeur avec ses sculptures dans le jardin, sa piscine privée et ses cinq chambres d’hôtes, devenues légion dans les domaines de la région. Et si les paysages de vignes peuvent vite devenir lassants- les dégustations aussi, non loin de là veillent les forêts landaises de pins où il fait bon se perdre à moins de ne choisir les dunes de l’Atlantique où les vagues fouettent jusqu’à vous réchauffer en ce mois de mai où l’on peine tant à enlever ce qui nous plait…

LM

L’ensemble de ces grands crus classées 1855 du Sauternes et du Médoc seront à retrouver dans la collection Beaux livres chez Flammarion avec les textes de Franck Ferrand et les photos de Guillaume de Laubier, sortie prévue en octobre 2017

Le magnifique escalier menant au chai du Château Yquem

La salle de petit déjeuner pour les hôtes du Chateau du Tertre

 

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