1 août 2014

Ce jeudi, la poubelle est restée devant le portail. A un passage par semaine, j’espérais pourtant ne pas me louper. C’était sans savoir que dans ma rue- joliment baptisée “du Chemin Creux”, le camion ne passe pas. En plus, je n’étais pas en conformité vu qu’il faut que je place mes déchets dans des containers-il y a en trois-pour recycler verre, cartons et ordures ménagères, avec l’obligation de prévoir le jardin en conséquence et ne pas s’emmêler dans l’agenda. Avantage de taille: ne plus jamais être réveillé par le passage du camion poubelle comme dans mon ex- rue parisienne. Paris, si loin, si proche. Le courrier arrive désormais dans ma trop petite boite aux lettres comme les livres de la rentrée envoyés par les services de presse et me valent ainsi le passage souriant du facteur qui pousse le portail, après s’être assuré que Jim ne lui sauterait pas à la gorge. Jim, en bon Pariser, qui semble regretter les odeurs des trottoirs lors de nos promenades quotidiennes. Dans mon cerveau de citadine, jardin égal en effet “dehors” ce qui évite désormais la promenade fastidieuse pour satisfaire les besoins naturels de mon compagnon. Lui ne rêve pourtant que d’ aller découvrir ce qui se passe derrière le portail à la peinture vert écaillée, comme le grand champ au bout de la rue qui vient d’être moissonné- du bruit jusqu’à 23 heures avec des moissonneuses batteuses qui balayent de leurs phares la campagne par temps sec. Lesquelles laissent ensuite des grosses crottes carrées de paille et une terre dure comme du béton même après des jours de pluie. Dure comme du béton ou le pain qui est fait avec la farine qui en est issue après deux jours avec, entre deux, un passage par le mou dû à l’humidité. Car, voilà bien ici la question: mange-t’on mieux à la campagne? En attendant les poules pour les oeufs frais et les légumes du potager-d’abord il y a toute la maison à refaire, visite du marché local-forcément exotique, avec un stand de cakes faits maison, des légumes bien moins chers qu’à Paris, un camion mercerie à l’ancienne et des stands 100 % made in China vendant élastiques pour fabriquer des bracelets ou des centaines de coques de portables. La viande à la ferme, la bonne adresse où l’on commande son foie gras à Noël côtoient les drive-in des hypermarchés avec carte de fidélités qui permettent de cumuler les points, le consommateur ayant ici peu le choix d’aller voir ailleurs s’il veut éviter de passer des heures dans sa voiture. A moins de profiter de ces camions itinérants, tels des caravansérails,  qui ouvrent leur ventre chargés de bricoles plus ou moins indispensables, en annonçant leur venue dans des catalogues distribués dans les boites aux lettres. Ce qui est certain, c’est que le maître mot est ici stockage; avec une heure de perdue pour aller faire ses courses, mieux vaut ne pas être à court d’huile même si les champs de tournesols sont au bout de la rue. En fait, à la campagne comme partout, Leclerc et Super U l’ont bien emporté avec les supérettes qui ont toutes disparu tout comme les bars. De quoi devenir contemplatif…

LM

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