8 avril 2024
La Tour Eiffel a bon dos

 

Ce dimanche 7 avril 2024, la ville de Paris s’est servie, une fois encore, du monument symbolisant Paris à travers le monde comme panneau « publicitaire » afin qu’Anne Hidalgo se plaise à un message politique; à défaut qu’Emmanuel Macron endosse un costume à l’international et reconnaisse enfin la responsabilité de la France de ne pas avoir empêché ce génocide-un million de morts tutsis en cent jours, voilà trente ans plus tard un « Se souvenir » en langue kinyarwanda qui s’affiche. Cela, avant que les huit anneaux olympiques s’y installent. Mais, pas de vagues oblige, en oubliant le décompte des suppliciés palestiniens-plus de 33 000 morts civils à ce jour malgré une nouvelle demande de cessez le feu appuyée par le général al-Sissi, chef du gouvernement égyptien et le Roi de Jordanie. Car si la destruction de la tour Eiffel a été envisagée un an après sa construction par le génial ingénieur Gustave Eiffel en 1889, faute de visiteurs, puis mise en scène sous les bombes dans un clip de propagande après l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine, elle reste bien droite contrairement aux immeubles de la bande de Gaza qui connait depuis six mois un « Marioupol » à la puissance 100. Une analyse par images satellite menée par la BBC estime ainsi qu’entre 144 000 et 175 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits soit plus de la moitié de ceux existants.

Anéantissement de Gaza

« En parler », le génocide actuellement en cours, galvanisé dans une vidéo-même tournée le mois suivant lors d’une cérémonie après la dévastation de la ville palestinienne de Beit Hanoun, par le commandant Yair Ben David, officier de réserve du bataillon 2908, qui appelle non seulement à l’éradication du Hamas- objectif officiel de la campagne israélienne- mais aussi à « l’anéantissement de Gaza » comme le souligne Le Monde diplomatique. En se rangeant du côté du mal, en œuvrant à la destruction du peuple ­d’Israël à l’instar des nazis, les Palestiniens de Gaza auraient, affirme cet auteur de nombreux ouvrages sur la portée universelle du judaïsme, perdu le droit de figurer dans la « communauté des nations ». Plus loin, on peut y lire: « En se rangeant du côté du mal, en œuvrant à la destruction du peuple ­d’Israël à l’instar des nazis, les Palestiniens de Gaza auraient, affirme cet auteur de nombreux ouvrages sur la portée universelle du judaïsme, perdu le droit de figurer dans la «communauté des nations». De la Palestine  à l’Ukraine. Voilà qui ne semble pas étourdir la Maire de Paris ni mériter de reconnaissance de la France, pays des droits de l’homme et accessoirement des femmes et des enfants exterminés comme le furent en 1994 les « cafards » tutsis. Les images qui parviennent enfin des journalistes palestiniens relayés par leurs confrères internationaux et français montrent pourtant toute l’horreur de ce que le gouvernement israélien fait vivre à tout un peuple en représailles de ce maudit 7 octobre 2023 où un millier de leur compatriotes, terroristes du Hamas compris, ont perdu la vie. Espérons que l’on ne doive pas attendre trente ans pour qu’un énième hommage ne remplace la condamnation en temps réel, même si cela doit se résumer à un message en étendard qui pourrait être « Le droit à se défendre ne peut être un permis de tuer ».

Par Laetitia Monsacré

Articles similaires