15 mai 2015
La tête haute, le juge et l’enfant

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A 6 ans, Malony est déjà un délinquant; il ne va plus à l’école, sa mère immature ne supportant pas l’autorité. Aussi lorsqu’elle se retrouve dans le bureau du juge pour enfants-Catherine Deneuve-c’est le début d’une longue série de rapports de force, d’injures et de cette autorité que tant de parents ne parviennent plus à avoir face à des herbes folles qui deviennent des grenades dégoupillées jusqu’à finir en prison, forcement synonyme d’échec. La tension est palpable à chaque plan, l’abîme frôlée à chaque passage dans ce bureau où l’on tente de tendre la main à ce garçon, boule violence qui n’a jamais appris à se contenir. Emmanuelle Bercot filme comme les frères Dardenne ajoutant sa sensibilité féminine qui passe par une bande son où l’on reconnait Arvo Part et Schubert. Catherine Deneuve, silhouette épaissie et visage impassible prête à cet affrontement son talent qui ne cesse de s’affirmer avec la nouvelle garde du cinéma. Tout est juste en elle tout comme chez ce jeune acteur, Rod Paradot. A ses côtés, les animateurs comme Benoit Maginel se relaient pour tenter de lutter contre ce qui semble irréversible. Un film beau et grave qui a ouvert le festival pour rappeler aux festivaliers ce qu’est la vraie vie et comme elle peut faire des victimes. Mais sauver aussi ceux qui acceptent de l’être…

AW

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs