11 octobre 2018
La Scala, une nouvelle salle à Paris

 

 

 

C’est boulevard de Strasbourg, faubourg Saint-Denis. Un quartier populaire et métissé désormais en pleine effervescence où un nouveau théâtre vient d’ouvrir ses portes à la rentrée, La Scala Paris, sous la houlette de Mélanie et Frédéric Biessy. Ancien music-hall devenu cinéma, dont le répertoire a évolué dans les années soixante-dix avec le boom du porno, c’est désormais un nouveau creuset pluridisciplinaire où se mêlent théâtre, musique, arts visuels et circassiens, pour tous publics, sans oublier à l’occasion le passif sulfureux des lieux, avec, une à deux fois par mois, les Minuits shows, une performance iconoclaste qui fait trébucher les pudibonderies à l’heure de Cendrillon – la première, Prêt à baiser d’Olivier Dubois, se tiendra vendredi 12 octobre.
Mais revenons au spectacle inaugural, confié à Yoann Bourgeois, sobrement intitulé Scala. Avec sept autres acrobates, cinq hommes et deux femmes, habillés comme des clones, l’installation toute en bleu comme la salle, s’inspire des wakouwas, petits jouets en bois avec ressort créé par le Suisse Walther Kourt Walss au début des années trente. Corps rebondissants de manière virtuose sur un trampoline, ou glissant dans une trappe étroite, table et chaise qui se désarticulent et se reforment sur une simple pression, c’est toute une exploration de la plasticité des formes du quotidien qui est développée, avec une discrète et délicieuse touche d’humour. Très physique, le jeu n’en dégage pas moins une impression d’apesanteur qui s’amuse des répétitions et des symétries. Une heure d’agilité étourdissante, faussement maladroite, qui instille une poésie habile et un peu décalée. Une pause bienvenue dans la frénésie urbaine.

Par Gilles Charlassier

Scala, La Scala, Paris, jusqu’au 24 octobre 2018

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