14 juin 2013
La relève à l’honneur

Créée en 1983, le CNIPAL (Centre National pour l’Insertion Professionnelle des Artistes Lyriques) est une structure à part dans le monde de l’opéra qui permet aux jeunes chanteurs français et étrangers de se perfectionner tout en favorisant leur début de carrière. Nombreux sont les solistes désormais reconnus à y être passés – songeons entre autres à Ludovic Tézier que les mélomanes parisiens ont pu, par exemple, applaudir en Escamillo dans la Carmen controversée de décembre dernier à Bastille, ou encore dans La Favorite au Théâtre des Champs Elysées. Avec son siège à Marseille, cette structure, présidée par Alain Lanceron et dirigée par Gérard Founau, constitue un bel exemple de décentralisation, et c’est tout naturellement que les stagiaires présentent leur concert en la ville voisine d’Avignon, où l’on peut voir éclore la nouvelle génération d’interprètes lyriques.

Le Champagne Rossini

Et rien ne valait une cité aux portes de la Méditerranée pour cette odyssée au fil du répertoire pour mesurer promesses et talents confirmés de ces jeunes voix. Passons sur la narration en off, discutée quoique didactique, qui relie les saynètes ainsi reconstitués par Mozart, Rossini ou Gounod au gré des escales en Espagne, Turquie, et autres pays baignées par la « Mare Nostrum ». Si le sextuor tiré de Cosi fan tutte qui ouvre la soirée laisse deviner une certaine timidité un peu maladroite dans le jeu scénique, la pétillante Je Ni Kim rayonne dans le Turc en Italie. Légèreté, souplesse, éclat du timbre, espièglerie, tout Rossini est là chez cette jeune soprano coréenne, l’une des révélations de la soirée, que l’on retrouve avec gourmandise dans le duo en compagnie du Geronio un peu trop paternel de Sulkhan Jaiani.

Offenbach en bouquet final

Les deux Mozart – le quintette de La Flûte Enchantée où Papageno se trouve muselé pour avoir menti et l’air de Konstance, « Durch Zärlichkeit », dans L’Enlèvement au sérail – se laissent écouter avec plaisir avant l’incontournable Carmen, où l’on retrouve, suivi par le quintette des contrebandiers, l’émouvant duo entre Micaëla  et Don José, « Parle-moi de ma mère ». Marion Grange s’y révèle touchante, mais l’air de la Crau, « Trahir Vincent », dans Mireille de Gounod, morceau de bravoure pour les sopranos lyriques, l’expose évidemment davantage – et de flatteuse manière. Si l’on s’amuse avec L’Italienne à Alger de Rossini, rien ne vaut bien entendu un petit Offenbach – le final du premier acte de La Belle Hélène qui va envoyer Ménélas en Crète pour laisser la reine batifoler avec le berger Pâris – pour refermer le concert en chœur et en beauté. Le tout mené baguette battante par Samuel Jean, à la tête de l’Orchestre lyrique de Région Avignon Provence.
GC
Concert du CNIPAL, Avignon, 13 juin 2013

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