23 juillet 2014
La Provence est dans l’assiette

hotel-villeneuve-avignon-01

Après un carpaccio avec viande et tomates électroniques (zéro goût), mais, il est vrai, servi en un temps record à Aix, le festivalier risque fort de ne pas trouver non plus son compte à Avignon. Pas question pour lui de chercher la bonne adresse; on se pose quand l’estomac hurle et menace de ne plus admettre une seule pièce de plus. Heureusement, il y a toujours ici une terrasse prête à vous accueillir, avec un rosé rince doigt mais néanmoins, avec des glaçons, des plus rafraîchissants, un gratin dauphinois roboratif et des petits légumes baignant dans l’huile d’olive toutefois souvent croquants, pour accompagner une viande ou un poisson passable. Le pastis, qui nécessite la license IV est à 2 euros au maximum dans les bars-tabac où l’on sent alors le “vrai” Avignon, loin des spectateurs du “in” révêtus de lin et qui boivent un café en lisant Le Monde pour savoir ce qu’ils doivent penser de la pièce vu la veille. Pour échapper à l’ivresse dans laquelle semble plongée la ville, les deux hôtels de luxe, La Mirande et l’Hôtel de l’Europe offrent refuge dans leur jardin au pied du Palais des Papes ou cour ombragée sur la charmante place Crillon,  à moins que possesseur d’une voiture, on ne puisse s’échapper en face  à Villeneneuve les Avignon, où le temps parait enfin daigner s’arrêter. Là, une des meilleures tables est assurément le Prieuré, superbe petit mas qui appartient à Jean-André Charial, un français- la chose est devenue rare- petit fils de Raymond Thuillier, créateur en 1945 de l’Ousteau de Baumanière. Ce chef qui officie dans la maison mère des Baux de Provence a confié à sa femme, Geneviève la décoration de leurs trois établissements- Le Cabro d’or “que nul mortel ne paie ni ne traie” (Frédéric Mistral) dans les Baux c’est eux aussi- pour un résultat des plus inspiré-ce qui est loin d’être garanti quand “Madame” se pique de tout redécorer…Tons neutres, du blanc au taupe, meubles design en fer forgé, tout ici flatte l’oeil pour créer des temples de la gastronomie locale ou non -pigeon des Costes, bar de ligne ou homard bleu pour l’Ousteau de Beaumanière, pas accessible néanmoins à toutes les bourses-plat autour de 70 euros et chambres en haute saison à 400 euros environ. Heureusement, la région est riche en adresses de charme plus raisonnables en terme de budget, avec une mention spéciale pour  le Château d’Escublon. Réputé pour son huile d’olive-vendue en flacon comme un parfum un peu partout en France, le domaine appartient désormais à des suisses, propriétaires de la marque Breitling. S’y rendre par la magnifique route des Baux de Provence à partir de Saint Rémy,  c’est s’offrir la possibilité d’une magnifique ballade à pied dans les vignes grâce à un sentier à travers les vignes et dans le parc ainsi que repartir avec une bouteille de vin du domaine ou de l’une de leurs cinq huiles monovariétales-la dégustation étant assez fascinante dans la montée en puissance des arômes. Enfin, vous pourrez profiter de leur restaurant midi et soir, baptisé le Bistrot Mogador; jouxtant dans un très bel ensemble architectural-chapelle et château où la célèbre série télévisée Les gens de Mogador fut tournée,  vous trouverez là sans doute le meilleur rapport qualité prix du coin, avec le midi et soir des menus de 24 à 35 euros, rassemblant entre papetons d’aubergines, parmentier de canard, et autres plats réalisé par le chef Patrick Bry. Voilà ainsi tout ce que la Provence a de meilleur à vous offrir, avec un rosé à 5 euros 50 le verre qui ressemble enfin à du vin. Il faut dire que le domaine a ses propres vignes et a choisi de marier qualité avec accessibilité. Car si “les parents viennent de Mars et les enfants du Mac Do” comme s’en amuse une pièce du off, un esprit sain dans un corps sain- et donc bien nourri, n’est-ce pas la panacée?

LM

Le Chateau d’Escublon, infos sur site

L’Ousteau de Beaumanière, voire site

Articles similaires