20 mars 2018
La présomption d’innocence, de Tarik Ramadan à Nicolas Sarkozy

 

“Le temps judiciaire n’est pas le temps médiatique”. Dont acte Monsieur Eric Dupont Moretti, comme vous l’avez expliqué en pleine promo de votre livre sur le plateau de C’est l’hebdo sur France 5. Il y fut question du traitement de l’affaire Ramadan, “une honte” selon l’avocat star, fustigeant le travail des trois juges d’instruction qui ont mis au ballon ce violeur en série dont trois femmes ont raconté comment elles avaient cru mourir sous les coups, trainées par les cheveux, traitées de “sale pute” par celui qui apparaissait si doucereux sur les plateaux de télévision; “Docteur Jekill et Mister Hyde” , tel est cet homme que j’ai moi même croisé et qui avait, je m’en étais fait la réflexion, un regard de prédateur. Sa femme, interviewée voilée, ne comprenait pas, elle, comment on avait pu coffrer son cher mari dans ce pays où elle pensait que “la justice respectait la présomption d’innocence”. Réponse chère Madame: pour éviter de fuir avec son passeport suisse, de réitérer ses viols et qu’il exerce des pressions sur les victimes comme dans l’émission feu de Frédéric Taddei sur France 3 tandis qu’un site “Free Ramadan” a été créé et qu’une pétition sur Change.org a déjà recueilli 250 000 euros pour défendre ce pauvre chantre de l’islamisme modéré victime selon les Musulmans de France “d’un complot sioniste”. Lorsque l’on sait comme il est difficile de porter plainte suite à un viol- une femme sur cent ose seulement le faire en France, (10 % seulement de ces plaintes aboutissant), on devine pourtant que Tarik Ramadan est aussi coupable que l’est Sarkozy. Tous deux pour le pouvoir; L’un, avec sa queue, l’autre avec le fric.

La journée du petit Nicolas

“Une garde à vue humiliante et inutile”, ce n’est pas l’avocat de l’ex- président Nicolas Sarkozy qui parle mais Laurent Wauquiez, Président des Républicains. Débutée mardi 20 mars à Nanterre par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, elle est pourtant le résultat d’une enquête tentaculaire de cinq ans portant sur les cinquante millions d’euros que le Président libyen aurait donné à Nicolas Sarkozy afin de financer son élection en mai 2007. On se souvient huit mois après de l’accueil grandiloquent réservé à Kadhafi à Paris avec sa tente bédouine installée dans le parc de l’hôtel Marigny, “une corruption d’une démocratie avec l’argent d’une dictature” comme l’a rappelé justement Edwy Plenel, dont le site Mediapart a fait éclater l’affaire en avril 2012. Sarkozy avait alors fait feu de tous bois, apostrophant Laurence Ferrari sur TF1 “Je suis désolé pour vous que vous soyez la porte-parole du fils de Kadhafi”, puis attaquant violemment David Pujadas au cours de l’Emission Politique en septembre 2016 : “Vous perdez la raison, vous m’accusez d’avoir tué le Colonel Kadhafi?”, réitérant ses cris d’orfraie lors du débat des primaires de la droite en novembre 2016 : ” Quelle indignité. Nous sommes sur le service public. Vous n’avez pas honte ? Vous n’avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d’innombrables reprises pour diffamation et qui est un menteur.” Il aurait pu rajouter; “Et pour ce qui est de mentir, je m’y connais”…sans oublier les deux cadavres de témoins proches de l’affaire, l’un retrouvé dans le Danube, l’autre à Johannesburg- ça sent l’affaire Boulin.

A suivre donc, sur les vrais médias et non les réseaux sociaux (pour Facebook, vous comprenez maintenant avec les dernières révélations sur ce GAFA né du cerveau d’un adolescent boutonneux pour choper les filles de son campus, que malgré les deux milliards d’utilisateurs, nous y a jamais voulu y aller!), la garde à vue pouvant durer quarante huit heures; une garde à vue de luxe puisque l’ancien président a pu tranquillement aller dormir la nuit dernière avec Carla dans son hôtel particulier de la Villa Montmorency dans le 16eme arrondissement avant d’être à terme présenté devant un juge qui pourra le mettre en examen mais en aucun cas l’incarcérer. A 50 millions d’euros le cadeau libyen pour être cinq ans durant à la tête de la France, on se demande pourquoi il se serait gêné…

Par Laetitia Monsacré

 

Articles similaires