14 janvier 2015
La philarmonie de Paris, vite le président arrive!

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Ce soir, François Hollande pourra se détendre en écoutant Hélène Grimaud jouer Ravel, Renaud Capuçon au violon et Sabine Devieilhe chanter Fauré. “A quatre heures et demi, j’arrête président ou pas”. Les ouvriers  s’affairaient encore cet après-midi mais ce ne sera pas fini. Jean Nouvel, l’architecte du Philarmonie de Paris qui ouvre donc ce soir, boude d’ailleurs; son absence est forcément commentée, y compris par Laurent Bayle-le père incontestable du ce projet qui s’est décidé en 2006 sous Chirac sous l’impulsion de Pierre Boulez.  “Je vis intérieurement cette absence”, nous a-t’il répondu lors de la visite avec toute la presse y compris internationale, soulignant que Jean Nouvel (qui a annoncé dans le Journal du Dimanche que la salle n’était pas prête à ouvrir) était présent à la générale offerte aux ouvriers du chantier lundi soir. Reste que devant sa tresse d’inox perforée pour laisser passer la lumière, la structure qui s’inspire nettement du célèbre architecte américain Neumeier  et une salle aux rondeurs régressives, on est ébloui une fois encore par son talent même si des journalistes de revues d’architecture ironisent sur un bâtiment qui date “de 20 ans en matière de lignes”. Et de renchérir sur le coût exorbitant-“à 380 millions on aurait pu faire dix salles comme dans la Ruhr où on reconvertit des usines en gardant une acoustique des plus acceptables surtout quand on vise un public de néophytes”.

L’argent, nerf de la musique

Avec 6 millions encore à trouver du côté de la Mairie de Paris pour équilibrer le budget, ce serait toutefois gagné côté qualité du son d’après les journalistes invités hier à la générale- tous triés sur le volet. Une chose est certaine: le lieu est voulu comme “le Beaubourg de la musique”, et non comme une salle de concert alignant sur Paris 2400 places de plus. Les salles de répétitions donnent ainsi une envie terrible de s’asseoir au milieu des instruments, entouré de bois blond ô combien chaleureux.  “C’est avant tout un maillage imaginé entre lieu de vie et de concert. Les enfants pourront faire des ateliers pendant que leurs parents assistent aux concerts” s’enthousiasme Laurent Bayle qui vante également le toit terrasse panoramique sur tout Paris que, plan Vigipirate oblige, nous ne pourrons voir. Tout comme le restaurant et la brasserie qui n’ouvriront qu’en mars. Il faudra donc en attendant que les bourgeois s’encanaillent à proximité ou se réfugient aux Café des Arts de la Cité de la musique toute voisine…

Tous publics et toutes musiques

Au sol des oiseaux en béton, au plafond, une pluie de facettes à caresser, le lieu a été imaginé pour attirer un nouveau public et casser cet “entre soi” propre aux scènes lyrique. Ainsi, la salle a été conçue pour accueillir toutes les musiques, Jacques Higelin et Divine Comedy, nuit du Raga, concerts boeuf classiques comme les BBC Proms et tous les publics avec des tarifs jeune à 8 euros sur abonnement et des places à 10 et 20 euros pour tous les soirs, y compris ceux du Berliner Orchestra où le parterre sera à 160 euros. L’Orchestre de Paris y sera pour sa part en résidence les mercredi et jeudi soirs, tout comme les Arts Florissants de William Christie. Et nous, très vite nous l’espérons pour vous en parler en connaissance de cause…

LM

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