8 décembre 2015
La peur saisit les regions

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“Pour que ça change”; voilà ce que les électeurs qui ont mis en tête le Front National dans six régions sur treize en France et fait du parti de Marine Le Pen la première force politique française scandent dans les médias. Haut et fort, comme on lance une alerte-certains affirment qu’ils voteront différemment dimanche prochain ou avec la conviction que seule la droite bleu marine pourra regler les problèmes. L’insécurité arrive en tête, “ces jeunes qui nous insultent” parmi les personnes interviewées au JT de 20 heures sur France 2 hier soir. Le journaliste essaye de comprendre ce qui ne va pas dans ces jolies communes aux pavillons proprets et voitures coquettes. “Tout va bien mais c’est le système qui ne va plus, le “propre” français n’a plus de droits” commente une femme derrière sa porte. Les pourcentages arrivent sans appel: on vote FN chez les jeunes-35% des 18-25 ans, plus chez les hommes (31%) que chez les femmes et 26%, avec le tiers des votants qui n’ont pas le bac. L’exaspération, la colère, les mots reviennent comme en 2002 où Jean Marie le Pen avait atteint le second tour, plongeant la France dans l’hébétude. La peur aussi, instinctive, primaire qui hante les Français depuis les attentats du 13 novembre dernier. “On y a pensé” entend-t’on ainsi dans la France rurale qui n’a pourtant jamais vu une kalachnikov ailleurs qu’à la télévision.

Pas des mots mais des actes

Alors voilà, en ce surlendemain de premier tour, le parti de Marine Le Pen a obtenu quatre millions de voix de plus que lorsque son père dirigeait le parti il y a treize ans, lequel la félicitait hier soir en direct de I TV , elle et sa petite fille Marion Maréchal Le Pen – 40, 5 % des votes en région Provence-Alpes Côte d’azur. De quoi confirmer que les Français en ont assez de l’immigration et de cette “racaille” que Nicolas Sarkozy, figé dans un rictus face à David Pujadas très incisif hier soir, avait stigmatisé en son temps. Le politique oubliant l’homme tel que Romain Gary dans La nuit sera calme, avait su, avec toute sa brillance d’écrivain, différencier. “Un mineur qui devient délinquant c’est un jeune sans témoin, sans trou à lui; pas de centre de gravité, pas de modèle. Il faut donner à chaque enfant quelque chose à aimer. Il n’y a dans les prisons et les maisons de redressement jamais de chien ni d’oiseau. L’enfance délinquante c’est avant tout des enfants sans chien, ni chat.” Pas sûr que cela soit au programme du FN que de leur en donner, de construire des écoles modèles, avec des bâtiments aussi beaux qu’un musée, un professeur pour quinze élèves qui déjeune avec eux, les travaux manuels aussi valorisés que les mathématiques comme la Finlande en a créé dans les quartiers difficiles. Pas sûr que le budget culture soit augmenté dans les régions qui basculeront à l’extrême droite dimanche comme vraisemblablement la Champagne Ardenne-Lorraine ou le Nord Pas-de Calais comme l’a fait Mateo Renzi en Italie où un milliard d’euros ont été votés pour faire face aux périls du terrorisme. Le Parti socialiste ou les Républicains ne sont pas plus décidés à le faire mais dimanche devant l’urne, sans diaboliser le FN qui a le droit démocratiquement d’exister et à ce titre d’être respecté, ne devrait pas faire cavalier en tête. Alors votez, “not words but deeds”- pas des mots mais des actes comme diraient les suffragettes…

Par Laetitia Monsacré

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