5 avril 2013
La peinture pour survivre

Encore et toujours Empreintes dont on ne saurait dire combien les vendredis soirs-il faut malheureusement attendre 21h30- offrent grâce à cette série de belles rencontres…Il faut dire qu’avec cette idée de sélectionner ceux qui ont marqué leur temps -à part quelques portraits de personnalités “limite” comme Michel-Edouard Leclerc- à comparer à Gérard Garouste ce vendredi, il y a à chaque fois le bonheur de passer hors promo une heure avec un homme , une femme d’exception: les voir chez eux, dans leur processus de création et dans leur fragilité ce que le format de 52 minutes offre avec cette idée que l’on ne dit pas les mêmes choses avec quelqu’un qui vous suit des mois durant ou a fortiori lorsqu’il est un ami. Joël Calmettes connaît bien ce peintre qui dit peindre “comme une grand mère  fait du tricot”, avec “ma pensée comme séparée de ma main”. Des origines-son sujet de prédilection pourtant- de Gérard Garouste l’on saura peu, à part un père psychologiquement très violent et une enfance loin de lui pour trouver “sa source” et “ses ressources”. Ces dernières qui lui ont permis de devenir un immense peintre avec sa propre mythologie où les ânes peuplent les tableaux comme chez Chagall et créer également un établissement, La source pour venir en aide aux enfants en difficultés sociales pour qu’ils trouvent avec l’art leur voie. Ami de Jean Michel Ribes depuis le lycée, il en fait un magnifique Don Quichotte dont la camera du réalisateur suit chaque coup de pinceau. Puis c’est Venise, les toiles de la Galleria dell’Acadamia dont il fait une lecture limpide ou la grotte Chauvet. Garouste part sur ses propres empreintes sans passer sous silence ses internements dans des établissements psychiatriques, sans doute sauvé de l’abime par la peinture“qui commence là où les mots s’arrêtent” et son épouse, également une grande artiste, Elizabeth Garouste; car les artistes ont souvent du mal à se cogner au réel et “quelqu’un de fou est quelqu’un qui a tout perdu sauf la raison”…

LM

Empreintes, Gérard Garouste, retour aux sources  vendredi 12 avril à 21H30 sur France 5

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