4 juin 2015
La loi du plus fort

La-Loi-du-marche-est-un-film-d-horreur-et-une-caricature-pour-Laurence-Parisot_reference

Avec 500 000 spectateurs, La loi du marché a su trouvé son public, loin des blockbusters et feel good movies. Parfaitement en accord avec la violence du monde du travail, cette France d’en bas à laquelle les reportages des journées télévisés prêtent de moins en moins d’attention; ces Français qui souffrent de tout: la précarité, le chômage, l’enfer de l’administration, la banquière qui place ses produits assurance vie,  l’humiliation permanente des entretiens de recrutement et la lente chute- vendre le peu qu’il reste non pour vivre, mais juste survivre. Seul rayon de soleil, les cours de rock avant d’être repris par cette obligation qui tourne à l’obsession de devoir se vendre sur un marché dont politiques et dirigeants semblent totalement ignorants, les yeux sur leurs bilans et courbes de croissance. “Un film d’horreur” pour Laurence Parisot qui a en effet, sans le vouloir, résumé la sidération, le renoncement et la détresse qui se lit sur le visage de Vincent Lindon, de tous les plans en agent de sécurité d’un supermarché où pour 15 euros de viande volée, un vieux monsieur finit au commissariat.

Mise à mort

Les caissières sont, elles, renvoyées en quelques minutes malgré vingt ans de bons et loyaux services pour avoir ramassé des coupons de réduction ou avoir passé leur carte de fidélité pour obtenir quelques points. L’une d’entre elles n’y résistera pas et se se suicidera sur son lieu de travail, tout comme cette semaine,  Yannick Sansonnetti, magasinier qui s’est pendu chez Lidl, ces magasins où les employés travaillent jusqu’à 70 heures par semaine pour nourrir à bas coût ceux que ce système des plus forts a en partie plongés lui-même dans la misère. “Des paquets de pâtes entourés de larmes et de stress”ont résumé les employés qui ont décidé de se mettre en grève. En attendant, ils ont pu se rendre ce mercredi à l’enterrement de leur collègue à l’instar de Vincent Lindon dans le film de Stéphane Brizé. Le temps pour la colère et les pleurs mais sans doute pas celui de s’enfuir comme l’acteur dans les dernières images du film. La fiction permet des fins que la vraie vie n’autorise pas.

Par Laetitia Monsacré

 

 

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