5 octobre 2017
La grande « traversée » avec Raymond Depardon

Depardon toujours et encore; le voilà qui arpente une fois encore tous les chemins de la photographie et nous fait découvrir les routes, les arbres, les gens, le vent, les espaces sous des angles infinis entre le réel et l’imaginaire. L’exposition de Raymond Depardon à la Fondation Henri Cartier-Bresson retrace son œuvre et s’articule autour de quatre thèmes : la terre natale laquelle dialogue avec le voyage et la douleur avec l’enfermement.
Les photographies de la ferme du Garet de son enfance aux scènes de la vie quotidienne, aux jeux d’ombres et de lumière d’étés ou d’hivers nous font pénétrer dans l’intimité du monde rural. Celle-ci résonne avec la brume de la Baie d’Along,  un trottoir de la rue des Grands Augustin à Paris, ou encore la route de l’Espoir, fleuve Sénégal de Mauritanie. Les photographies sont des lignes,  des courbes qui s’épousent magnifiquement mais aussi des histoires d’hommes et de femmes, d’enfants dans un temps lent, presque imaginaire. C’est une écriture poétique. Elle appelle au silence, au respect de l’autre.  Le noir et blanc converse avec la couleur. Viennent ensuite la douleur de la guerre, de la pauvreté, de la faim, de la folie, de la prison. Des lieux, des regards, des formes…des angles et des cadres, des contrastes…L’enferment est là. On pénètre dans l’œil de Raymond Depardon, il faut alors faire face la réalité. Une traversée à parcourir en prenant son temps que le catalogue de l’exposition aux Editions Xavier Barral reprend avec  une sélection plus vaste d’images, ainsi qu’un long entretien inédit de l’auteur avec Agnès Sire, commissaire de l’exposition.
 

Par Karine Bouvatier

Traverser, jusqu’au  17 décembre 2017 à la Fondation Henri Cartier-Bresson
2 Impasse Lebouis 75014

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs