21 octobre 2016
La Fiac, le trop plein?

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A vos baskets-mettre des hauts talons serait suicidaire-la FIAC est ouverte. Une édition 2016 “historique” selon sa présidente Jennifer Flay avec des oeuvres à découvrir dans le Grand Palais, le Petit Palais-l’avenue entre les deux est devenue piétonne pour l’occasion, même les VIP doivent marcher!- mais aussi place Vendôme, au Jardins des Tuileries, au Musée Delacroix et au Palais de la découverte. Mais là où cela se corse, c’est que la planète entière des arts s’y greffe avec les recalés qui ont investit deux tentes sur les Champs Elysées- Art Elysée ou 8ème avenue. Sans compter l’art asiatique avec Asia Now et ses 34 galeries avenue Hoche, l’art brut à l’Hôtel du Duc ou encore Paris Internationale, une cinquantaine de galeries à découvrir dans l’immeuble du 51 avenue d’Iena. L’overdose guette; au pas de charge, comptez quatre heures pour faire Grand et Petit Palais et tentes autour, à condition de ne rencontrer personne. Car, c’est quand même le jeu que de se saluer ici entre habitués, surtout sur la première journée accessible aux VIP et à la presse avec la confirmation que la FIAC est le seul endroit où vous croiserez une richissime rombière liftée au point de ressembler au bonhomme imaginé par Hugo Rondinone de la photo en tête de cet article- et de s’extasier devant ce qu’elle ne perçoit pas forcement comme une ressemblance certaine… Prix de vente demandé par la galerie suisse Presenhuber: 400 000 euros.

Bling bling chez Gagosian

Une paille à côté d’une sculpture de Dubuffet proposé à 5, 5 millions d’euros à côté d’oeuvres de Chagall, Henri Moore, Picasso et Giacometti chez Landau Fine art, une galerie canadienne. Plus raisonnable, le travail en contreplaqué de la japonaise Kawamata sur le très harmonieux stand de la galerie londonienne Annely Juda; autre selection d’une rare cohérence et esthétisme à la Galerie Le Minotaure autour de l’artiste Leon Tutundjian. La galerie Applicat a choisi pour sa part de ne représenter que l’artiste Zoran Music- vision assez terrible que ces écorchés vifs sortis des camps de concentration “Nous ne sommes pas les derniers” dont raffolait Mitterrand. Plus gaies sont les poupées en terre du japonais Yoshitomo Nara chez l’américain Blum &Poe tandis que Gagosian fait dans le bling bling as usual et Kamel Mennour dans les valeurs sures avec Anish Kapoor. Et comme on ne prête qu’aux riches, la portugaise Leonor Antunes voit son paravent en rotin présenté sur deux galeries différentes, au petit prix de 42 500 euros chez Air de Paris-on n’a pas testé de savoir si c’était au même prix…Un petit tour rapide dans les étages et voilà que les prix fondent avec des galeries “en devenir” où l’on remarque du FIAC n’importe quoi comme on avait l’habitude d’en voir chez House of Gaga avec les hommes valises de Anna Uddenberg; plus sympathique, le cheval géant à 45 000 euros du portugais José Maria Gusmao à la galerie milanaise Zéro.

Art Elysées, plus raisonnable

Bien plus classiques et plus abordables sont les galeries d’Art Elysées où l’on peut vraiment se faire envie comme dans l’espace design avec la galerie MYN qui présente sur un magnifique stand de très belles appliques danoise des années 50 entre 500 et 1500 euros selon la taille, à marier avec les toiles d’Alfred Reth, un artiste austro hongrois utilisant le sable pour des motifs graphiques des plus séduisants; à partir de 15 000 euros à la Galerie Marcilhac.Non loin, un très beau Tapiès est proposé à 35 000 euros par le barcelonais Jordi Pascual, Ben actuellement au Musée Maillol à 13 000 euros à la Galerie Billy alors que Guy Pieters reste fidèle à Nicki de Saint Phalle et Christo. Bernard Buffet est lui à l’honneur chez Dil, et la photographie chez David Guiraud qui présente un cliché extraordinaire de Louis Settner des Twin Towers à 6000 euros, Willy Ronis ou Bert Stern. Plus original le travail de Manolo Chréstien avec une superbe vague à 5200 euros ou de Matthias Ometo et ses ambrotypes chez GadCollection. Les food portraits de Marie Cécile Thijs à 3000 euros sont aussi une vraie oeuvre photographique à voir chez Photo12. Et si vous voulez vous rafraichir, on vous conseille à 6 euros, la bière cerise bleue de Jacques Albert qui dès 1996, faisait déjà la FIAC sur son triporteur, en vendant des tartelettes à la cerise.

Enfin, s’il vous reste des forces, un tour du côté du Petit Palais s’impose pour les sculptures géantes in situ, dans le jardin ou les galeries comme le piano de Bertrand Lavier qui trône face aux toiles du XIXème, de quoi confirmer que le classique et le moderne peuvent très bien cohabiter comme le démontre le très beau travail du designer Pierre Alain Cornaz pour Orient Express- la SNCF- qui a créé un espace au luxe discret dans le Grand Palais pour vendre sac de voyage- 36 500 euros, 12 exemplaires, service à café, 7800 euros, bref les pauvres passeront leur chemin et prendront Ouigo à la place…

Par Laetitia Monsacré

La Fiac, jusqu’au 24 octobre 2016

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Suspension Pop corn de Pai White chez Kaufman Repetto, 58 00$

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Si les riches veulent s’offrir un couple de pauvres dans leur salon chez Gagossian…

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Kamel Mennour himself en pleine négociation

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La Galerie MYN à Art Elysées, section design

 

 

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