1 mai 2013
La cage ensoleillée

Séance de rattrapage en cette semaine de vacances avec la Cage dorée, un joli film qui, après les bonnes espagnoles des Femmes du 6ème étage, réitère avec talent l’exercice de montrer la cohabitation entre les “bourgeois” et  des “déracinés” qui oeuvrent à leur service. La concierge portugaise, tous les Parisiens en ont connu une avec cette vague d’immigration qui eut lieu vers la France dans les années 60/70 pour fuir la dictature. Appelés gens des baraques, les hommes allèrent sur les chantiers et les femmes dans les étroites loges, avec bien souvent les enfants restés au pays. Dans le film de Ruben Alves, on suit le quotidien d’un couple qui de nos jours occupe avec ses deux grands enfants une très grande loge depuis trente ans dans les beaux quartiers. “Trop bons, trop cons”, ils ont le coeur sur la main et ne comptent pas leurs heures ayant parfaitement réussi leur intégration auprès de gens pour le moins exigeants. Voulu comme un conte de fée, la baguette magique leur offre un jour l’occasion d’hériter d’une magnifique propriété viticole au pays à condition d’y retourner. Le plaisir après une vie de labeur; pas évident quand on a dédié son existence aux autres et des enfants parfaitement intégrés…Le scénario se déroule avec justesse, servi par des acteurs formidables-connus, Roland Giraud, Chantal Lauby ou Nicole Croisille ou inconnus, Rita Blanco, Joaquim de Almeida avec pour chaque personnage une attention dans l’écriture assez rare et des dialogues qui font mouche. Alors bien sûr, tout cela est plein de bons sentiments et donc assez éloigné de la vraie vie, mais c’est justement en ces périodes assez difficiles qu’un tel film fait du bien.

LM

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