12 septembre 2014
La Biennale, plein les yeux

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Quand les filles sont aussi belles que les meubles, là on sait que l’on est chez les très riches. Au Grand Palais, “Sous le haut patronage de Monsieur François Hollande, Président de la République” comme le rappelle l’invitation, non sans humour étant donné la polémique autour des “sans-dents”,  la foire bi- annuelle des antiquaires et joailliers proposant les plus belles pièces existantes sur le marché s’est ouverte ce jeudi. Dès le parvis, les chauffeurs de limousine donnent le ton, le prix d’entrée aussi-30 euros- mais une fois “accepté” dans l’enceinte dont le décor de Jacques Grange rappelle une orangerie, avec topiaires et treillis en bois, l’esthète est à la fête. La sélection est tout simplement hallucinante, avec des accrochages qui associent Joseph Alberts à Picasso, des meubles rarissimes comme le bureau personnel du célèbre designer André Sornay, ou ces rivières de diamants qui finissent par faire mal aux yeux…sauf chez Chanel. “Tout est vendu?” s’amuse une cliente devant les vitrines vides et le stand fermé au public. Un problème de coffre fort qui ne s’ouvre pas, et voilà tous ces riches qui doivent apprendre à attendre, avant de découvrir la nouvelle collection Café Society. Comme cette “personnal” shoppeuse, venue de Boston pour ses clients américains capables de dépenser des millions sur une simple photo. Beaucoup d’étrangers, des femmes plus qu’entretenues au bronzage et à la ligne représentant une vie entière d’efforts et de sacrifices- et oui, tout se paye, le plus dur semble de choisir comme à la Carpenter Workshop gallery, ceinte de magnifiques panneaux en bois érodé avec applique en bronze d’Ingrid Donat, du mobilier en frêne de l’américain Wendel Cassel ou encore un luminaire capable de réconcilier quiconque avec les généralement affreux leds.

De Londres à Mykonos

C’est d’ailleurs les mêmes qui éclairent les maîtres flamands à la Galerie de Voldère, permettant d’en découvrir, aidé de la loupe fournie, les couleurs et les détails comme en pleine lumière naturelle. Ici tout est beau, même les ventilateurs chargés de maintenir à bonne température Matisse ou Vuillard. “Il faudrait que j’achète ce Boudin” est lancé sur le même ton que “on se voit à Londres”, tandis qu’une homme prend congé sur le stand d’un joaillier: “Je ne sais pas où est passée ma femme qui n’aime pas les bijoux”. Il y en a pourtant pour tous les goûts, entre l’école anglaise merveilleuse de légèreté et les pierres incroyables de David Morris, l’italien Giamperino Bodino et ses “trésors de la mer” en perle de Tahiti et spinelles rouges ou encore les imposantes réalisation en titanium du chinois Wallace Chan. Cartier, Dior, Bulgari et Van cleef et Arpels n’ont qu’à bien se tenir tandis que Boucheron offre le plaisir des yeux et du nez avec des fleurs à profusion ou que chez Chaumet, une jeune femme, cliente habituée, se voit présenter la collection comme ce petit diadème “très petit, tu peux le mettre très facilement”. Plus loin, on vante la rareté, “il n’y en a que trois autres dans le monde” ou l’on plaisante: “je l’ai trouvé dans une poubelle, il était signé”. Cela n’est sans doute pas arrivé au magnifique portait en pied de sa femme réalisé en 1899 par Paul César Helleu, présenté par Richard Green pour la modique somme d’1,9 millions d’euros. Un “Chaman debout se transformant en jaguar”, sculpture en basalte trouvée au Mexique et datant de 900 avant JC est, elle, à “seulement” 220 000 euros, l’âme en plus…Peut-être aurait-elle plu à un certain Richard, “mais il est resté à Mykonos…”

LM

La Biennale des Antiquaires jusqu’au 21 septembre, au Grand Palais de 11 heures à 20 heures

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Des stands qui offrent de belles associations….

 

 

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