12 mai 2013
Julian Barnes/ Après elle

Le titre original du dernier livre de Julian Barnes est The sense of an ending. Il y a en effet beaucoup de nostalgie dans ce livre avec toute la seconde partie où un homme se souvient et se confronte à ses petits arrangements avec ses souvenirs. Tony 60 ans, a fréquenté jadis une jeune fille; rien de très sérieux mais elle et son ancien camarade reviennent le hanter à l’occasion d’un testament. L’écriture de cet auteur anglais, qui a déjà signé des succès comme Avant moi, Love etc...ou Le perroquet de Flaubert,  est limpide, alerte et à l’humour très british: « Après une longue analyse du suicide de Robson, nous conclûmes qu’il ne pouvait être jugé philosophique dans un sens arithmétique du terme: ledit Robson, étant la cause de la prochaine augmentation d’une unité de la population mondiale, avait décidé que son devoir moral était de maintenir le nombre constant. «  Le suicide est ainsi un thème très présent dans le livre, le narrateur reprenant à son compte la célèbre formule de Camus : « le suicide est la seule véritable question philosophique », avec l’idée presque sous-jacente dans ce livre que « nous sommes ceux qui restons de ce côté-ci des morts » comme l’écrivait Emily Dickinson. Qu ‘ai-je fait de ma vie? Voilà la question que semble se poser dans  Une fille, qui danse cet homme qui se souvient de sa jeunesse et des ses amis, des jeunes gens « qui semblaient alors ignorer que certains avantages avaient déjà été acquis, certains dégâts infligés. Et que notre libération nous ferait seulement passer dans un plus vaste enclos dont les frontières seraient d’abord invisibles. » Une belle et lucide définition de la vie , en sorte…

LM

Une fille qui danse de Julian Barnes publié au Mercure de France, 18 euros

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