5 février 2015
Hollande et son carnet de bal de journalistes

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Je vous laisse, j’ai un avion à prendre. François Hollande ne l’a pas dit comme ça mais, après deux heures passées devant un parterre qui commençait à se dégarnir, il a quitté l’assemblée des journalistes venus assister à sa cinquième conférence de presse en annonçant  son départ immédiat pour Kiev. Le seul scoop dans un exercice parfaitement encadré et sans surprise, dont le principal intérêt est de voir se profiler, en observant les journalistes à qui l’on passe le micro, une radioscopie du paysage médiatique français. Premier à prendre la parole, un journaliste du Figaro y alla de son petit éditorial en direct, oubliant qu’il était là pour poser une question. Laurent Joffrin joua, comme à son habitude, les poils à gratter en demandant au Président, sous le regard faussement amusé d’Emmanuel Macron “s’il était encore un président de gauche, vu sa politique économique”. Les télévisions-reines parmi les rois eurent chacune le droit à leur question-France 2 avec Maryse Burgot, TF1 avec Isabelle Torre- toutes deux au premier rang,  BFMTV et I Tv non loin de là, tandis que France 3 resta muette- un signe qui ne trompe pas sur l’état actuel de sa rédaction.

To be or not to be

Tandis que Le Petit journal de Canal + faisait le trottoir devant l’Elysée, Laetitia Krupa de France 5 joua, une fois encore, l’insolente de service en demandant au Président si la camera qui le suit actuellement était là pour “flatter son ego”. Le dernier rang des Ministres assis dans la salle voyait comme dans n’importe quelle classe, plusieurs de ses éléments pianotant sur leurs portables ou piquant du nez comme Bernard Cazeneuve, il est vrai avec un emploi du temps assez chargé en ce moment. Derrière son pupitre, le Président parla, pour le reste de son mandat, “d’une tension que je souhaite installer”, profitant à chaque question pour délivrer sans aucune note visible son message déjà maintes fois entendu; laïcité afin “de protéger ce qui nous est commun et singulier”, importance de l’école, échéance de la politique écologique, rôle de la France à trouver des solutions pour la Grèce ou l’Ukraine, tentant des mots d’esprits comme “si je faisais une Europe de gauche, je ferais une toute petite Europe en ce moment!” ou encore “qu’on m’explique la différence entre arme défensive et arme offensive!”. On était quand même très loin de De Gaulle, même si en regardant les journaux télévisés, on se demande parfois si l’ORTF a réellement disparue…Voilà un exercice de style qui permet en tous les cas, à chacun d’exister-ou pas.

LM

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