23 avril 2012
Haut et bas

Léa Seydoux, lumineuse et décidément avec un talent qui ne doit rien à son nom,  a troqué ses robes à panier des « Adieux à la reine » pour une panoplie de pétasse-jupe moulante et bottes en skai blanc à talons dans ce film d’Ursula Meier qui raconte la coexistence de deux mondes, celui des plus riches et des plus pauvres. Là-haut, les privilégiés, venus de toute l’Europe pour se détendre en skiant avec du matériel qui ferait vivre des semaines entières ceux d’en bas. Là, Simon-extraordinaire Kacey Mottet Klein-et sa grande soeur Louise, survivent,  livrés à eux-mêmes dans une horrible tour près de la voie rapide, quelques plaques de neige rappelant ce qui attire ici les plus riches. Alors avec un coté Robin des bois mais aussi pour bouffer, Simon monte tous les jours voler casques, skis, lunettes, gants et sandwichs car pour lui et sa soeur incapable de travailler durablement, tout est bon à prendre. La caméra est là sans grand effet, l’image d’Agnès Godard est belle, au service de ce couple improbable avec l’enfant qui materne le plus grand, l’ordre des choses inversé comme le film le révélera par la suite. Voilà un beau film âpre sans fioriture qui parle mieux qu’un long  discours sur les inégalités et parvient avec poésie à faire naître un peu d’indulgence pour tous ceux qui ssont obligés de voler, spectateurs de la richesse des autres, ou de l’empathie pour ces femmes de ménage dans les chalets luxueux que l’on croise, sans jamais prendre le temps d’imaginer la dureté que peut  être leur vie-en bas.

 

LM

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