29 décembre 2013
Grandeur et décadence d’un courtier

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Trois heures pour montrer avec cynisme l’ascension et la chute d’un trader, voilà qui est un peu long, même si l’on s’appelle Martin Scorcese et que l’on a au casting, Leonardo DiCaprio. Du fric, de la baise, de la coke, voilà le trio infernal de l’escroc Jordan Belfort -1000 employés, 50 millions de $ de revenus par an-  inspiré de sa propre biographie parue en 2007. Obscène, le mot vient immédiatement à l’esprit devant les scènes orgiaques ou les lancers de nain et autres loisirs de ce self made man qui s’offrira yachts et une épouse comme il se doit -une bimbo blonde à affoler un eunuque- confirmant que tout s’achète… sauf ce flic du FBI qui finira par avoir sa peau. Entre la première scène, avec Mattew McConaughey, fulgurant en trader prescrivant à sa jeune recrue de se branler deux fois par jour et exécutant un chant guerrier indien après lui avoir donné les clés de la réussite à Wall Street -baiser son client- et la scène finale de DiCaprio -Wolfie- reconverti en conférencier, le film navigue entre fulgurances -Mrs Robinson qui accompagne la descente du FBI- et grand guignol, comme la scène du naufrage du yacht- ne délaissant pas non plus l’humour avec le speed final ou le voyage en Suisse et Jean Dujardin en banquier impatient. DiCaprio est absolument renversant de maîtrise, confirmant son talent dans le cynisme mais également l’émotion lorsqu’il fait ses adieux à ses brokers. Bref, l’investissement de 10 euros est largement amorti ce qu’ont confirmé les spectateurs qui l’ont élu meilleur film de la semaine. A déconseiller toutefois aux féministes, vu la façon dont sont ici traitées les femmes, entre poupées Barbie et tailleuses de pipe.

LM

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs