10 janvier 2014
Grand Palais/ Cartier, une page d’histoire à travers les bijoux

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Pour qui a vu les scénographies somptueuses du Musée des Arts décoratifs ou encore se souvient de la magnifique exposition Bulgari sous la grande nef, Les salons d’ honneur du Grand Palais risquent, malgré un prix très modique-5 euros- de décevoir. A la exception d’une projection sur les plafonds assez remarquable, les vitrines offrent en effet un parcours sombre et linéaire, un peu brouillon, pour découvrir pas moins de 600 bijoux et autres objets issus de la célèbre maison de la rue de la Paix. Se voulant historique, courant les débuts sous le second empire jusqu’aux années 1970, on suit à travers diadèmes, porte-cigarettes, pendules et autres broches, la réussite de ces frères qui durent leur réussite à la découverte des mines de diamants en Afrique du Sud. En suivant l’essor de la Haute couture avec Worth, ils déposent alors brevets sur brevets, réalisent de somptueux diadèmes, à retrouver dans une vitrine tournante, mais également des objets précieux associant nacre, onyx et jaspe pour satisfaire la riche bourgeoisie du XXème siècle. C’est ainsi l’éclectisme du joaillier qui ressort de cette exposition avec une faculté rare à suivre les tendances. Dessins préparatoires, archives, on ne peut être plus complet pour montrer le savoir-faire de la maison Cartier qui, des années 1910-perles fines pour accompagner robe tubes à  la vague Art Déco en 1920, le noir et blanc prédomine, avec du cristal de roche, de l’onyx  ou du corail avec  leur propre pavillon à la fameuse exposition des arts décoratifs de 1925. Puis, les modèles créés s’ ouvre à l’ exotisme avec des inspirations venant du Moyen Orient, d’ Égypte ou d’ Inde; les diamants se font énormes, fournis par les Maharadjahs avides du chic à la française tandis que les montures deviennent articulées. Dans une vitrine, est exposé le diadème très sobre qui a servi au couronnement d’Élizabeth d’Angleterre et que Kate Middleton a porté le jour de son mariage, ajoutant son statut princier à la longue liste des femmes célèbres qui firent la renommée de Cartier: Marlène Dietrich, Wallis Simpson- première cliente à porter un bijou panthère et qui lança la mode du bijou fantaisie comme ces broches avec une tête de carlin, ses chiens préférées- Elizabeth Taylor et son fameux diamant de 69 carats, Le Burton Taylor, Grâce de Monaco et son diademe transformable en broche mais aussi les hommes comme Jean Cocteau qui y commanda son épée d’Académicien.
L’ exposition s’achève sur la vague naturaliste des années 1970 qui marqua les créations de cette maison que Jeanne Toussaint  su maintenir à flot d’ une main de maître pendant la seconde guerre mondiale, alors que les frères cartier, juifs, avaient eu la bonne idée de se réfugier à New York, échappant au nazisme. Voilà ainsi l’occasion à travers cette rétrospective de voir toute l’histoire du XXème siècle défiler, du côté toutefois des nantis…

AW

Cartier, au Grand Palais jusqu’au 16 février 2014

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs