15 mai 2014
Grace de Monaco/ Un rocher de bêtise et d’ennui

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Tout ça pour ça. Lorsque l’on songe qu’Olivier Dahan, réalisateur de ce qui ressemble fort à un clip publicitaire de presque deux heures pour la laque Elnett (plutôt à sa place dans ce Festival sponsorisé par l’Oréal) s’est battu contre son méchant producteur Harvey Weinstein pour avoir le “final cut”, on en reste bouche bée. Il a donc pensé qu’il y avait quelque chose à sauver? Que son honneur d’artiste dans ce nanar où pas une minute on ne s’emeut était en jeu? Sifflé par les critiques dont aucun n’avait pu voir le film avant sa projection cannoise, il y a de quoi rire lorsque l’on relit Olivier Dahan expliquant à Libération en novembre dernier, l’outrage qui lui avait été fait de remonter le film dans son dos car “les américains veulent un film commercial, au ras des pâquerettes, en enlevant tout ce qui dépasse, tout ce qui est trop abrupt”. Dès la fin du premier plan où la camera est embarquée sur une route des hauteurs de Monaco, on sait pourtant que que le film va être raté. Les spectateurs qui sont sortis de la salle avant d’attendre la fin ne s’y sont d’ailleurs pas trompés: cela ne s’arrange pas par la suite. Et ce n’est pas le défilé Harper’s Bazar que nous offre les tenues de Grace, ni les gros plans du visage figé de Nicole Kidman (là encore on pense à une pub pour anti-rides) qui changeront grand chose. Tout est ici ridicule, surjouée comme la méchante gouvernante, invraisemblable comme ce confident curé ou cette scène où Grâce va au marché aider à vendre des navets et autres poireaux, histoire de se rapprocher des gens et offrir une parabole bien malgré elle au film. On vous passe la séquence où elle pleure en regardant les images de son mariage-le vrai en noir et blanc- avec en fond sonore en tire larme, la Wally et ce final-le pompon- où elle nous fait un discours à la Hollywood, essuyant une larme en parlant d’amour, pour sauver son rocher du méchant De Gaulle, après qu’une vague actrice brune ait tenté de nous faire croire qu’elle est la Callas en chantant O mio Bambino Caro. Depuis Diana, on avait rien vu d’aussi mauvais. Comme quoi, les princesses blondes ont peu de chance à Hollywood.

LM

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