11 février 2016
Free Love, l’égalité pour tous

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Laurel, inspecteur de police dans le New Jersey, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer incurable, et  veut que son conjoint bénéficie de la réversion de sa pension : une banale histoire d’amour brisée par la maladie, si ce conjoint n’avait pas été une femme. A peine deux ans après la France, en 2015, la Cour Suprême des Etats-Unis a voté la légalisation du mariage pour les couples de même sexe, et dans ce processus, l’histoire de Laurel Hester et Stacie Andree au milieu des années 2000 a joué un rôle d’exemple, que retrace Free Love de Peter Sollett.

Loin de la manière un peu brute du documentaire souvent prisée pour ce genre de témoignage, le film opte pour une écriture fictionnelle efficace, avec un scénario confié à Ron Nyswaner – qui avait signé celui de Philadelphia de Jonathan Demme, avec Tom Hanks, sur les ravages sociaux et politiques du sida. Pendant les trois premiers quarts d’heure, on plonge progressivement dans l’intimité des protagonistes, avec une caméra jamais intrusive, sans voyeurisme, qui suggère  l’hostilité plus ou mois sourde à laquelle doit régulièrement se confronter ce couple différent. On n’évite pas toujours les clichés plus ou moins involontaires : les deux femmes pratiquent des métiers « d’homme » –  l’une flic, l’autre garagiste –, elles se rencontrent au volley et aiment plus le sport que le shopping, leur maladresse dans les premiers sentiments n’a rien à envier à celle de leurs homologues masculins.

Mais au fil de la familiarisation avec les deux femmes, admirablement incarnées par Julianne Moore en policière musclée et Ellen Page sa cadette aux élans encore adolescents,  on prend rapidement fait et cause pour leur combat contre la maladie et l’injustice. Militantes malgré elles, elles croiseront le chemin de l’exubérant rabbin gay campé par Steve Carell tandis que Dane, le collègue le plus proche de Laurel, sera l’initiateur du mouvement de compassion qui fera basculer l’arbitrage de l’assemblée du comté, renversant les mesquineries des calculs politiques. Un film plutôt prenant, en dépit de ses simplifications, à recommander en ces temps où l’émotion sert davantage à diviser qu’à rassembler.

Par Gilles Charlassier

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs