22 novembre 2016
François Fillon, superstar !

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Dimanche 20 novembre 2016, 20h54 exactement, première vague de résultats et là coup de tonnerre ! François Fillon renverse la table, casse la baraque et fait la nique à tous les sondages ! Avec un peu plus de 44% des voix l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, déjà ministre sous Mitterrand, fait sauter toutes les certitudes et devient le héraut d’une lame de fond. La journée restera comme historique. Sans utiliser des termes trop grandiloquents force est de reconnaître que nous avons assisté en direct, peut-être en y ayant pris part, à la mort politique définitive de Nicolas Sarkozy, à la quasi agonie d’Alain Juppé et à la première étape du chemin élyséen de François Fillon.

De nombreuses victoires

Victoire de la primaire tout d’abord. Quand on se souvient des railleries de la droite au sujet de la primaire socialiste en 2011, on sourit et on regarde avec un certain amusement les dirigeants et les militants de toutes les chapelles de la droite célébrer les bienfaits de cette forme de consultation populaire ! Mais halte aux mauvaises pensées ! 4 millions d’électeurs de droite, du centre et même de gauche se sont mobilisés. Presque 10% du corps électoral, donnant ainsi au futur vainqueur une légitimité sans contestation. Victoire de la politique ensuite. Alors que les oiseaux de mauvaise augure annoncent en permanence que les citoyennes et les citoyens français se détournent de la politique, ces derniers ont été assidus, engagés et ont démontré un réel intérêt pour cette primaire. Les débats ont été de qualité, francs, clairs, grandement suivis et ont permis à chacun de se faire une opinion. Victoire, enfin, de la droite libérale, catholique et traditionnelle. La victoire éclatante de François Fillon reléguant Alain Juppé à plus de seize points et voyant un Nicolas Sarkozy aux alentours d’un faible 20% démontre combien ces deux là n’ont pas saisi leur propre électorat. La victoire de François Fillon est la victoire d’un peuple de droite qui s’est senti heurté par les réformes sociétales mises en place par François Hollande, par les choix économiques mis en place par les gouvernements Ayrault et Valls depuis 2012, par l’idée d’une déliquescence de l’autorité, de la morale, de la moralité et par le mépris d’une élite progressiste, bobo et si conformiste. Car la victoire de François Fillon est en en soi un acte de rébellion. Contre les sondages, contre les « sachants » mais aussi contre une certaine tradition française de tempérance et de modération. Ses options économiques tranchées, ses positions conservatrices, son rapport à l’entreprise se trouvent en contradiction avec les habitudes françaises. Avec ce choix, la droite a pris position en faveur d’une radicalité économique et sociale. La droite a réagi épidermiquement à cinq années d’indécision. Et elle l’a fait en choisissant celui qui incarne le mieux cette radicalité !

Deux franches défaites

Pour les autres c’est la douche froide. Au-delà de la défaite magistrale de Nicolas Sarkozy, dézingué sans autre forme de préavis par sa propre famille politique et ce malgré son statut d’ancien chef de l’Etat, la rouste de la journée est pour Alain Juppé. Qu’il va être difficile ce second tour ! Qu’il va être difficile d’incarner une espérance alors que son visage figé de dimanche soir portait déjà les stigmates d’une gifle extrêmement violente et non méritée. La défaite de Juppé qui il y a encore une semaine caracolait en tête des intentions de votes, bien au-dessus de la barre des 30%, est symptomatique d’une campagne trop modérée, trop centriste, trop rassurante dont les électeurs de droite n’ont pas voulu ! Ils attendent la rupture depuis 2007 et n’ont pas adhéré à l’identité heureuse ! Qu’il va être compliqué ce second tour ! Pour l’égo et pour l’idée que l’on se fait de sa place dans l’Histoire. Mais le combat aura été beau ! Sans doute Alain Juppé se consolera d’avoir triomphé de Nicolas Sarkozy et d’avoir contribué à sa mise à la retraite définitive. Hélas il ne pensait pas le rejoindre si vite ! Décidément la politique est une maîtresse bien ingrate. Quid de Jean-François Copé et de Bruno Le Maire ? Blêmes et défaits il leur faudra sans doute du temps pour s’en remettre. Seule NKM semblait heureuse dans la défaite, allant même jusqu’à soutenir un Juppé que d’autres auraient si facilement renié !

Et pendant ce temps là, rue du Faubourg Saint-Honoré, l’hôte de l’Elysée devait jubiler face à ce choix si inattendu. François Fillon l’ultralibéral, le Président n’en demandait pas tant ! Sans doute espère-t-il encore qu’une droite effrayante coagulerait autour de sa personne une gauche pétocharde pour elle-même. Encore faudrait-il qu’il se qualifié au second tour. Vu le traitement réservé à Nicolas Sarkozy par les électeurs de la primaire il a du souci à se faire car l’habit présidentiel ne protège plus des coups de pied au cul !

Par Ghislain Graziani

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs