12 novembre 2018
Fotofever, le Paris Photo des classes moyennes

 

Un, deux, trois collectionnez ! Fotofever, sorte de off de Paris Photo qui se tient jusqu’à dimanche 11 novembre au Carrousel du Louvre donne dans la couleur avec, pour cette septième édition, une affiche aux couleurs punchy de César Ordóñez, issue de sa série de portraits intitulée Ashimoto-« les pieds » en japonais- pour incarner la volonté de Cécile Schall, fondatrice et directrice de l’évènement, à savoir: montrer la diversité de la photographie contemporaine et rendre hommage au Japon à l’occasion du 160ème anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises.

Les prix y sont nettement plus sages que sous la grande nef et l’audace au rendez vous face à un Paris Photo d’un classicisme lénifiant. Dès l’entrée, on tombe sur ‘l’appartement du collectionneur”, une superbe mise en scène qui met en situation une sélection d’œuvres à moins de 5 000€ sur 400m2 d’intérieur scénographié par Roche Bobois. On y retrouve un ensemble de thématiques, le portrait, avec la photo homo érotique de Vincent Gouriou, 1 300€ chez David Guiraud, le pop, avec un détournement de L’Origine du monde de Courbet par Alain Bachet chez Artop à 4 500€, le Japon bien sûr, avec cette image aussi glamour que déroutante d’une femme et d’un poulpe par Formento + Formento pour 4 000€ chez Goutal, une série sur l’amerique de notre collaboratrice Karine Bouvatier chez Valverde- 700 euros le cliché, ou encore une vraie découverte, Alfred Drago Rens à la galerie milanaise l’Affiche, qui propose ses petits médaillons de fillette à 800 euros; un solo show de cet artiste de 48 ans, lui-même collectionneur obsessionnel en recherche perpétuelle de nouvelles images, photographies d’archives, chinées çà et là, qu’il retravaille en trois dimensions en se référant à Sophie Calle ou Boltanski. A la galerie Charron, la bibliothèque Richelieu de Paris du photographe Manfred Hamm est vendue en grand format 17 000 euros dans la veine des photos de Guillaume de Laubier réalisées pour les éditions La Martinière, Les plus belles bibliothèques du monde publié en 2014 (on vous reparlera pour Noël de son nouvel ouvrage consacré aux plus belles églises).

L’appartement devient également politique et féminin en consacrant une section à cinq femmes artistes avec Women of Photography, et ce, pour lutter contre la sous-représentation du deuxième sexe dans les expositions. Figure presque imposée, Fotofever lance son prix avec la première édition du Young talent prize pour offrir un tremplin de choix aux lauréats de l’année : Martin Bertrand et son oasis bretonne de calme et tranquillité à contrecourant d’une société frénétique, Lina Benouhoud, qui présente des bâtiments parisiens à travers leurs matériaux, telles des natures mortes, et enfin, Clothilde Matta et sa série Jealousy of Matter mettant en scène la statuaire romaine sensuelle et féminine.

 

Par Loris Ternynck

Fotofever jusqu’au 11 novembre 2018 au Carrousel du Louvre

La découverte de cette édition, Alfred Drago Rens, 800 euros pour La petite Gau, 2018

L’Orée de Frédérique Gouet à la galerie Charlet, 1590 euros

 

Morishita Kazz dans l’espace La ruche

 

 

La bibliothèque Richelieu, tirage argentique 100×100, 1/3, chez Charron

Ou encore celle du Clementimum de Christian Voigt, 2 m par 2m vendue 25 000 euros chez Ravier

 

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