24 octobre 2014
Fondation Vuitton, FIAC: L’art à vendre

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Lorsque l’on tape Picasso sur un Blackberry, le correcteur automatique vous propose Picard. Anecdotique, mais signe des temps avec un marché de l’art qui n’a désormais plus grand chose à voir avec la culture. Prenez la Fondation Louis Vuitton: combien de fois la marque a-t’elle été citée dans les médias en cette semaine d’ouverture? Qui se souvient aujourd’hui devant le bâtiment de Frank Gehry des passe-droits qui ont permis son édification-on rappelle que la zone était inconstructible et que le bâtiment a été classé d’utilité publique comme un hôpital ou une université avec l’aide de Christophe Girard, en charge de la culture à la Mairie de Paris et également conseiller stratégique chez LVMH. Voilà en tous cas la plus belle opération de marketing que l’on puisse imaginer avec sans doute des navettes qui pourraient bien relier le musée aux boutiques Vuitton de la capitale pour offrir aux touristes un aperçu du merveilleux royaume du roi Bernard Arnault…Car le luxe comme l’art ne connait pas la crise. Entre défiscalisation- les députés ont refusé cette semaine que les oeuvres d’art soient incluses dans le calcul de l’ISF ( des millions qui échappent ainsi à l’impôt alors que nombre de ménages à la limite de l’indigence se voient désormais imposés), et désir de collectionneurs fortunés, la FIAC , Foire internationale d’art contemporain ne devrait ainsi, contrairement à la ménagère,  pas connaître la crise. D’autant que l’on note cette année un retour aux fondamentaux avec une gigantesque sculpture de Dubuffet qui vous accueille sous la grande nef du Grand Palais et une prise minimum de risques avec des galeristes  qui ont rangé  l’art vidéo et la plupart des délires artistiques bien peu bankable des éditions précédentes aux oubliettes comme ont pu le constater Manuel Valls et Zahia qui se sont cotoyés pendant la visite. On est plus ici pour interroger ni déranger mais vendre. Et l’idée que si tu aimes mon musée, tu t’en offriras un bout non seulement en achetant un mug à la sortie mais également un sac à main quand tu en auras les moyens. Et dire que lorsque Picasso avait été cambriolé dans son atelier parisien, les voleurs avaient laissé les toiles et volé le linge…

LM

t le bâtiment “d’utilité publique”, approuvés par l’Assemblée nationale, puis ratifié par le Sénat début avril. Un beau cadeau pour un immeuble qui n’est  “ni un hôpital ni une université, mais une construction privée, dans un site classé, et en zone verte qui plus est – See more at: http://www.jimlepariser.fr/reste-bernard-arnault-lvmh-fondation-dior-vuitton-fashion-week/#sthash.60WdwOQB.dpuf

t le bâtiment “d’utilité publique”, approuvés par l’Assemblée nationale, puis ratifié par le Sénat début avril. Un beau cadeau pour un immeuble qui n’est  “ni un hôpital ni une université, mais une construction privée, dans un site classé, et en zone verte qui plus est – See more at: http://www.jimlepariser.fr/reste-bernard-arnault-lvmh-fondation-dior-vuitton-fashion-week/#sthash.60WdwOQB.dpuf

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs