9 janvier 2020
Fêtes polissonnes au Théâtre de l’Athénée

Des solistes lascifs et dénudés qui semblent sortir d’une somnolence d’après-bamboche, un texte aux sous-entendus piquants sinon grivois, Yes ! fait planer un parfum de polissonnerie sur les fêtes et le début d’année au Théâtre de l’Athénée. Cultivant un humour alerte qui se joue des fausses pudeurs, la Compagnie Les Brigands trouve dans l’opérette de Maurice Yvain un terreau fertile, avec son rocambolesque teinté d’exotisme, son swing typique des Années Folles, et son ton passablement irrévérencieux. C’est d’ailleurs sur cette insolence, aux accents plus ou moins politiques, que s’épanouit le mieux la mise en scène de Vladislav Galard et Bogdan Hatisi. Tirant parti de la polyvalence des talents de ses sociétaires, la troupe investit le plateau dans une scénographie, imaginée par François Gauthier-Lafaye, mêlant joyeusement personnages et band de jazz plus ou moins éclaté, entre le cabaret et le muic-hall. Dialogues et chansons alternent avec un sens consommé du théâtre que les interprètes défendent avec gourmandise, sans s’interdire de flirter ça et là avec un peu de vulgarité. Des moyens congrus, mais des moyens maîtrisées : assurément, Les Brigands se font les ambassadeurs de cette insouciance jouant avec la transgression où swinguent les sentiments, jusqu’à une heureuse réconciliation finale, narguant un krach survenu un an seulement après la création de l’oeuvre. Deux heures sans entracte, pas toujours sans redondance, mais en fin de compte diablement réjouissantes.

GC

Yes !, Théâtre de l’Athénée, jusqu’au 16 janvier 2020

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