7 juillet 2014
Festivals d’été : mise en bouche parisienne

visu-ambiance-du-festival-dauvers-sur-oise
Même perturbée par les inquiétudes des intermittents, la fin de saison, rime, comme chaque année depuis plusieurs décennies, avec l’ouverture du bal des festivals estivaux. Avant le sable de bord de Seine et les incontournables travaux qui compliquent la vie de l’usager des chemins de fer autant  que du bitume, Paris ouvre le bal. Si les jardins et les bois aux extrémités de la capitale sont généreusement mis à contribution, c’est d’abord un détour par le Théâtre des Bouffes du Nord que propose le Palazetto Bru Zane, le Centre de musique française à Venise, pour la seconde édition d’un rendez-vous consacré aux oubliés du répertoire romantique français, vocation qu’il assume avec enthousiasme depuis bientôt une décennie, et qui se referme cette année sur Le Saphir, opéra de Félicien David présenté en version de concert.

Raretés françaises aux Bouffes du Nord

Mais ce point d’orgue ne saurait faire oublier la généreuse part réservée aux œuvres instrumentales, à l’instar de la soirée du lundi 16 juin, placée sous le signe exclusif du violoncelle. Passé à la postérité avec ses opéras-bouffe, Offenbach était un violoncelliste virtuose, ainsi qu’en témoignent brillamment Xavier Phillips et Hermine Horiot avec un Duo en la mineur, avant de découvrir Fernand de La Tombelle et Max d’Ollone, dans deux pages en trio. Violoncelles en ensemble s’affiche ensuite au grand complet en seconde partie, où François Salque et Roland Pidoux offrent le fruit de leurs arrangements, à l’instar de l’aérienne Danse des elfes de David Popper, l’air de Philippe II dans le Don Carlos de Verdi, « Elle ne m’aime pas », ou encore, les Variations sur une seule corde sur un thème de Rossini, que Paganini avait imaginées après avoir craqué successivement les cordes de son violon, sauf une, au cours d’un récital. Avec un humour irrésistible, la transcription laisse à chacun des musiciens une tribune à sa sensibilité, véritable feu d’artifice pour conclure la soirée.

Auvers-sur-Oise polyglotte

L’appel du vert conduit ensuite à Auvers-sur-Oise, célébré par les impressionnistes et connu pour être le lieu d’inhumation de Vincent van Gogh  et son frère Théo, où l’opus 34 d’un des premiers festivals d’Ile de France donnait, en soirée de clôture, un récital d’Anne-Sofie von Otter. Polyglotte et francophile, la mezzo suédoise prend la parole pour résumer les mélodies d