14 mai 2015
Et le monde se résume à la croisette

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Lorsqu’en 2011 DSK chuta, l’ambiance à Cannes, alors en plein festival, en fut à peine bouleversée. Les fêtes continuèrent comme si de rien n’était, les femmes de ménage dans les palaces de la Croisette aussi avec cette impression que cette bulle était increvable. Loin de tout, y compris d’un séisme qui ébranla pourtant la France et accessoirement le monde entier. Car, entre business avec le marché du film, les centaines de films à voir entre la sélection officielle, la Quinzaine des réalisateurs, la Semaine de la critique plus les agapes pour ceux qui veulent aller boire gratis sur la plage ou dans les villas bien que les sponsors se fassent de plus en plus rats d’années en années, c’est un véritable plongeon en apnée que tout professionnel du cinéma s’offre pendant la quinzaine. Dès 8 heures 30 la grande salle Louis Lumière du Palais des festival se remplit de journalistes pour la séance presse que le sponsor Nespresso tente de garder éveillé jusqu’aux dernières séances, avec ses dosettes offertes dans le Palais à tout “badgé”. La chambre d’hôtel devient alors une cellule plus ou moins agréable selon le budget de la rédaction-comptez 150 euros pour un sans étoile répugnant près de la gare- pour écrire ses articles sans trainer,  web oblige, loin du bling bling ou des paillettes du tapis rouge.

Le grand marchandage

“Des fausses fêtes, des mauvaises drogues et le règne de joailliers sponsors au bout du rouleau”. Gérard Depardieu a bien raison- au passage, Catherine Deneuve aussi quand elle parle de Dunkerque (et encore elle a échappé au Carnaval- en matière d’alcool et de misère, on ne fait pas pire). La pin-up se déshabillant sur la plage à la poésie certaine a ainsi été remplacée par des cohortes de russes ou autres jeunes femmes à la plastique avantageuse défilant avec des stilettos Dior devant les vitrines de la Croisette, espérant non plus un rôle mais attraper un des propriétaires des yacht croisant devant les îles Leirins. Au pire, elle repartent avec celui qui leur offrira de l’accompagner à la soirée dont tout le monde parle; l’occasion pour toute personne sensée de découvrir que, passé le frisson de passer devant tout ceux qui sont refoulés, le Graal est sans doute ailleurs.  Mieux vaut donc en rester aux films, ce dont nous vous reparlerons une fois sur place, alors patience et rendez-vous à la prochaine newsletter.

Par Laetitia Monsacré

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