18 juin 2015
Eric Ruf, saison 1

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Voix magnétique, silhouette altière, Eric Ruf a présenté ce lundi sa première saison comme nouvel administrateur général de la Comédie Française devant un parterre de journalistes. Sans notes, il occupe la scène du Vieux Colombier, dévoilant la nouvelle identité graphique-mi cocarde, mi coeur de cible- de cette vieille maison que “certains metteurs en scène qualifient de musée”. Car là est tout l’enjeu, concilier le passé et le moderne et “être censé comme Noé avoir tous les animaux dans son arche”. Au vu des sociétaires de la troupe, superbement “trombinoscopée” par le photographe Stéphane Lavoué dans le programme nouveau format 2015-2016, on peut parier que la création en septembre de Père de Strinberg par Arnaud Desplechin qui fera dans la salle Richelieu son “outing théâtral” devrait tenir ses promesses tout comme le Roméo et Juliette de Shakespeare qu’Eric Ruf réglera lui-même en décembre.

Alain Françon et Edward Bond s’attaqueront pour leur part avec La Mer au versant contemporain des créations de la saison; Stephane Braunsweig après avoir “régaté” aux côtés d’Eric Ruf pour diriger la maison de Molière viendra lui, signer un Britannicus qui alternera avec les reprises du très beau Misanthrope mis en scène par Clément Hervieu-Léger, la Maison de Bernarda Alba version Lilo Baur ou le Cyrano imaginé par Denys Podalydes. Du côté du Vieux Colombier, Christian Hecq jouera aux marionnettistes avec l’adaptation de 20 000 lieux sous les mers avant que Les Rustres de Goldoni ne marquent le retour du metteur en scène Jean-Louis Benoit en novembre. Le studio Théâtre, en sursis, accueillera “le bordel joyeux du rock” avec Comme une pierre qui roule en hommage à la chanson de Bob Dylan, la reprise pour les plus jeunes du Loup de Marcel Aymé joué par Michel Vuillermoz, un cabaret dédié à Léo Ferré ou encore une plongée dans le monde du travail avec La demande d’emploi de Michel Vinaver. Un bel assemblage que d’aucuns ont trouvé en deçà des promesses faites par Eric Ruf lors de sa campagne, à l’instar d’ Armelle Héliot, Madame “théâtre” au Figaro dont la question fut une fois encore un édito. Bref, on était bien au théâtre, chacun jouant son rôle sans fausse note en attendant les vraies pièces.

LM

 

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