30 avril 2013
Entre grâce et labeur

This is the end. Le 10 mai, la collection Empreintes tire sa révérence avec Line Renaud et son “arbre de vie”. Six années de bons et loyaux services, traversés çà et là par la grâce. Car, si ce fut bien sûr l’occasion de découvrir une personnalité, ces documentaires permirent également de donner à voir ” l’art du portrait”.  Certains réalisateurs furent ainsi capables de toucher à l’essence même de leur modèle comme les meilleurs peintres surent le faire en leur temps, avant la photographie ou l’image animée. Et donner à voir des hommes et des femmes qui ont réussi comme le disait Nietzsche à “devenir ce qu’il est“; aller au bout de son parcours héroïque au sens de la mythologie grecque pour atteindre son mythe fondateur…Souvent, ces personnes qui laissent une “empreinte” sur cette terre, plus ou moins profonde et universelle, qu’elles soient artistes ou hommes de sciences -économiques, politiques ou autres, disent “avoir eu de la chance”. Pourquoi eux et pas un autre… D’autres parlent d’une évidence, de leur capacité à être juste et à leur place. Tous s’accordent sur le travail que cela a demandé pour y parvenir et y rester. L’avant dernier numéro à découvrir cette semaine sur Guy Savoy est à cet égard parlant.

Se livrer ou non

Réalisé par Guy Job, vous n’y trouverez pas ce “supplément d’âme” que seuls les meilleurs comme Thierry Demaizière – avec Karl Lagerfeld ou Vincent Lindon- ont été capables d’atteindre. Nulle poésie dans ce portrait qui pour autant est de la belle ouvrage. Le célèbre cuisinier est un homme affable, qui vit à travers sa mission, “faire passer du comestible au plaisir”; de l’homme vous ne saurez ainsi quasiment rien à part son sens de la générosité- il est venu à la cuisine pour soulager sa mère, restauratrice- et de ses solides amitiés comme avec Bernard Loiseau dont il est incapable d’évoquer le souvenir, fuyant la caméra dès que les larmes montent. Se livrer, tous n’en auront pas été capables, prisonniers d’eux-mêmes ou de leur image; et comme il puisse arriver que jadis certains portraits de grands peintres déplaisent à leur commanditaires, rares auront été les réalisateurs capables de “pousser” certains hors de leur ego. Mais, lorsque cela arrivait, Empreintes fut assurément une des plus belles émissions qui soient, laissant elle aussi une vraie trace dans les programmes télévisuels français.

 

Empreintes-Guy Savoy diffusé vendredi 3 mai à 21 heures 30

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