22 septembre 2012

Apparemment, la ville de Paris a les même soucis que nous autres, particuliers. Lorsqu’un entrepreneur lui dit que ce sera fini le 1er, il faut rajouter un mois. Résultat, des travaux lancés en août continuent d’occuper joyeusement la chaussée ce qui, avec la marée automobile de septembre, provoque d’agréables embouteillages pour qui a le malheur de prendre sa voiture. De quoi retrouver les plaisirs de la capitale et se replonger dans l’atmosphère trépidante de cette rentrée où l’on ne sait où donner de la tête. D’autant qu’il n’y a pas que dans sa voiture que l’on perd du temps. Avec la généralisation des plateformes téléphoniques, retrouver une lettre ou un colis est devenu un exercice demandant autant de patience que le jeu du Mikado. 36 31, voilà le seul et unique numéro de téléphone pour désormais joindre la Poste. Ce message sera enregistré nous dit-on. Question? Y compris les injures lorsqu’après dix minutes d’attente, on vous dit que vous êtes sur Colissimo et pas au service lettre suivie? Et donc que l’on vous raccroche au nez? Tout cela car un postier n’a pas été capable pour une lettre qui a pourtant coûté 6 euros d’affranchissement de regarder que le boulevard Beaumarchais dépend du 4ème arrondissement et non du 11 ème (il démarre pourtant à la Bastille d’où mon erreur). Résultat, après trois appels, et vu que le numéro de suivi donnait « aucun colis trouvé » sur internet-ce qui ne manqua pas de m’angoisser-je parvins à savoir que la lettre était restée dans un bureau du 11 ème trois jours avant qu’elle ne me soit renvoyée. Au total une semaine de perdue…Vive la Poste.

Du temps à perdre, il en fallait aussi pour réparer l’idée débile d’un créatif génial de l’agence événementielle qui colla dans les mains de tous les enfants et adultes invités à une soirée Bonpoint, un poisson rouge. Lequel après un coup de fil à une animalerie sur le Quai de la Mégisserie, avait confirmation faite de mes craintes à le voir ouvrir la bouche, une espérance de vie de quelques jours, malgré les aliments pour poissons que je passais la matinée à trouver, dans ce joli bocal digne d’un tableau de Matisse que j’avais par chance récupéré. Lui et ses six autres petits copains, repartis dans trois vases d’où  l’un d’eux essayait de sauter pour s’échapper…Assister à une mort par asphyxie-la moitié bougeant en tous sens, l’autre, restant immobile (dans tous les cas, j’étais inquiète)- ou par suicide est quelque chose qui m’est assez insoutenable. La culpabilité me rongeant, j’en venais à songer aux bassins du Luxembourg, non loin de chez moi avec une mission commandée au petit matin. Mais ce n’était pas la bonne période pour « une introduction en milieu naturel » me confirma le vendeur; ils auraient l’extase de pouvoir nager sans fin jusqu’à être mangés ou découvrir que les petits flocons qu’on leur distribue dans un aquarium, cette fois ils devraient les trouver eux-même. Et comme je ne me voyais pas venir saupoudrer tous les deux jours le bassin…Bref, je ruminais, je manquais d’air moi-même à les regarder avant d’être sauvé par mon fleuriste préféré- oui, sa soeur était d’accord, elle avait un aquarium et leur donnerai un nom…Voilà comment ils devinrent les sept nains, que ma fille pleura à grosses larmes, si heureuse qu’elle avait été un soir durant d’avoir un animal à elle toute seule et que je le consola en lui promettant un lapin pour Noël à ajouter au chien et au chat. Vive la rentrée!

 

Par Laetitia Monsacré

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