9 janvier 2012
En famille pour Jeanne d’Arc

Dans toutes les réunions familiales, il n’est pas rare de trouver un papy nostalgique, un tonton un peu jaloux de la réussite des autres, et la dernière née, « enfant prodigue » dont tous les anciens sont gagas. Et parfois même des vieilles tantes qui se lâchent sur les noires et les asiatiques au moment du digestif.
Voilà à quoi ressemblait un peu la petite sauterie du Front national ce samedi 7 janvier à 11 heures, pour le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. A peine 200 personnes s’étaient déplacées sous la bruine à l’occasion de cet « hommage intime, familial oserais-je dire », dixit Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du parti d’extrême droite et pour l’occasion, de sortie. L’anniversaire de « notre héroïne nationale » fut ainsi l’occasion pour le chef de famille de rappeler le rôle central qu’il veut occuper dans la campagne de sa fille. « C’est lui qui incarne le FN », rappelle Audrey Guibert, responsable départemental du parti dans l’Essonne. Voilà pourquoi c’est le père et non la fille qui  s’adressa aux militants -acte symbolique, et non caprice d’un président d’honneur qui refuserait de passer au second plan…

Saillie contre Sarkozy

Parmi ceux qui se sont déplacés, beaucoup de journalistes, une poignée de sympathisants parisiens et une majorité de responsables locaux du parti. Tout le monde se connaît, l’ambiance est amicale. Lors de son court discours, à peine plus de dix minutes, Jean Marie commence par tacler Nicolas Sarkozy – copieusement hué par la foule – en rappelant que Jeanne d’Orléans appartient à tout le monde, « sauf aux partis qui n’en parlent jamais ou uniquement en période électorale ».  Elle n’appartient pas non plus « aux partis qui ont livré la France à l’européisme et au mondialisme, qui veulent la dissoudre dans une Europe fédérale (…) et qui ne respectent aucun des principes qui ont fait agir Jeanne et qui l’ont fait mourir ». Du grand classique et rien de très neuf,  somme toute.
D’un symbole l’autre, M. Le Pen file la métaphore de Jeanne d’Arc, morte à 19 ans, pour évoquer la situation précaire de la jeunesse française, au cœur de son discours. Elle est, selon lui, ravagée par le chômage et en compétition avec les travailleurs immigrés. « On vole à la jeunesse de France sa patrie, son histoire, son avenir », dit-il, avant de stigmatiser la discrimination positive, qu’il qualifie de « racisme anti Français de souche. »

Marine attend son tour

« Vive Jeanne, vive Marine, vive la France ! », conclut M. le Pen, s’effaçant pour reprendre sa juste place de président d’honneur. Sa fille se tient au pied de l’estrade et attend sagement son heure. Le discours terminé, c’est son tour de s’exprimer et c’est vers elle que pointent les caméras et les micros. Elle ne montera cependant pas sur scène, réservant ses propos aux journalistes, au grand dam des sympathisants présents. Au milieu de la foule, souriante, elle salue et embrasse les militants qu’elle semble reconnaitre, et se charge d’en remettre une couche au sujet des signatures que son parti peine à rassembler. « Le pouvoir essaye de nous empêcher de nous présenter », répète-t-elle avant de s’engouffrer dans le lobby de l’hôtel Regina sur la place des Pyramides.
Ordre hiérarchique oblige, c’est donc après la famille nucléaire que vient le tour de Bruno Golnisch, qui récolte un succès médiatique plus mesuré. Le candidat malheureux à la candidature, se tient aux pieds des sabots du cheval de Jeanne d’Arc et prend le relais. « C’est l’hommage du vice à la vertu », dit-il évoquant la célébration de la naissance de la pucelle par le président de la République vendredi. Il persiste et signe lui aussi sur la question des signatures, assurant que les obtenir à temps est « à chaque fois plus difficile ».
11h45, il ne reste plus place des Pyramides que les responsables départementaux et les militants : les cousins éloignés et les grandes tantes d’une famille Le Pen décidément centrale dans le fonctionnement du FN. Ces petites mains font la com’ du parti et nous donnent rendez-vous le lendemain pour la galette des rois, « Marine parlera demain vous verrez », promet Eliane, sympathisante de 65 ans. Ainsi, les deux Le Pen s’adressent à tour de rôle aux partisans du FN, rappelant à ceux qui ne sont pas encore convaincus par Marine que soutenir la fille, c’est élire la famille…

Par Jim

 

Marine, heureuse , au milieu des micros et caméras

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