10 février 2014
En clair-obscur

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Si ce ne sont les imprimés que porte Sandra et ce soleil qui baigne les plages où elle travaille, Un beau dimanche est un film où tout semble sépia, les sentiments, les souvenirs, et même ces personnages qui paraissent ne pas vouloir prendre leur place. Comme Baptiste, cet instituteur vacataire qui à la faveur d’un week-end va renouer avec sa famille pour en sauver une autre. On ne parle pas beaucoup dans le film de Nicole Garcia (de quoi profiter pleinement de la magnifique musique d’Eric Neveux), à l’image de ce repas où il ne faut rien dire de ce qui est arrivé; alors on se regarde, on se jauge, on se déchire entre riches qui paraissent être des morts-vivants face à ceux qui triment dur, des “vies d’infirmes” pour ces nantis, car sans argent. C’est cela qu’a fui ce fils joué par Pierre Rochefort, fils de Jean Rochefort et de Nicole Garcia qui lui a offert ce très beau rôle dans ce film qui prend toute sa force dans sa deuxième partie. Il le défend avec une présence rare qui touche à la  grâce, partenaire idéal d’une Louise Bourgoin incandescente et enfin débarrassée de son image de bombe sexuelle. Deux tatouages, un débardeur informe, des créoles et la voilà banale, à peine séduisante, juste forte de son humanité cabossée de mère qui fait ce qu’elle peut, contrainte à vivre en saisonnière. Ces deux-là sauront se guérir ensemble, loin des faux-semblants et de cette grande bourgeoisie que l’on pourrait résumer par: “ce que l’on peut vous prendre, vous ne pouvez le donner”.

LM

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