23 décembre 2012
Emma et la Riviera

Première image de ce documentaire « carte postale » qui se nomme d’ailleurs Bons baisers de la Côte d’Azur,  Emma de Caunes sort, telle une naïade, de la mer. Méditerranée. Le commentaire augure du pire mais on se laisse vite prendre par les paysages et images d’archives pour une longue balade sur cette Côte qui semble bénie des Dieux mais depuis, bien abîmée par les hommes…« C’est une invention et le fruit de rencontres, Sagan, Picasso, Bardot, c’est eux qui l’ont imaginée… »  Retour en arrière, fin du XIXème siècle; on ne parle pas de vacances mais de « villégiature », et l’on ne regarde pas la mer mais la promenade… Images d’ archives de la promenade des Anglais à Nice où l’on ne vient qu’en hiver.

Les pionniers, des riches américains « bohêmes »

Puis en 1923,  Colette, Hemingway  et de riches américains comme les Murphy y lancent l’été avec le culte du soleil qui commence à peine. Le dollar métamorphose la Côte;  Cannes trop mondaine à leur goût, il préfèrent Antibes où ils réinventent la Californie avec Scott et Zelda Fitzgerald, Isadora Duncan et Dorothy Parker. « L’endroit de rêve pour fuir le monde » écrit Scott, tandis que Colette s’installe, elle, à la Treille Muscate dans l’arrière-pays près de Saint Tropez; Les Noailles reçoivent alors dans leur villa dessinée par Mallet-Stevens, « la maison des fadas parisiens » Francis Poulenc, Gide, Bunel, Man Ray ou Modigliani dans leurs 16 chambres avec chacune leur salle de bain. Deuxième acte après la crise de 1929, le début des « loisirs » avec le PALM -le Paris Lyon Méditerranée qui met à dix heures en train les plages de Paris.  L’hôtel Éden roc attire célébrités et les plus belles femmes; Monte-Carlo et Cannes se battent la vedette. Belles voitures, yacht, soirées caritatives, les riches s’amusent là-même où Emma de Caunes, pimpante mais un peu plus trouvillaise que cannoise, passe dans des petites scènes pour « incarner », grande tendance à la télévision.

Des peintres au cinéma

Monte-Carlo a la riche idée de lancer un casino,« l’investissement le plus rentable de toute la Côte d’Azur » alors que les jeux argent sont interdits en France. La Belle Otéro,  célèbre cocotte y perdra tout. Les peintres viennent pour la lumière- Bonnard au Cannet, Renoir à Cagnes, Monet à Antibes, inquiet car « c’ est si beau ici », Signac à Saint Tropez, Dufy à Nice, Cocteau à Villefranche. La guerre achève le tableau avec la zone libre et des artistes qui se réfugient à Saint-Paul-de-Vence, avec bientôt le musée Maeght, célèbre collectionneur. L’argent, l’art , ne reste plus que le cinéma avec le studio La Victorine où Carné tournera Les enfants du paradis, puis en 1956, le  festival se lance; Bardot, Sagan font leur entrée tandis qu’avec le Front Populaire, les vacances voient arriver promoteurs et campings. On découvre alors des images de corps agglutinés, mais aussi les plages privées de Pampelonne, et ses filles sublimes, toute naturelles à cette époque où Eddy Barclay accueille tout le monde dans sa villa qui servira au tournage de La piscine avec Delon et Romy Schneider. La suite est moins brillante, avec les  paparazzi et ce qu’est aujourd’hui devenu la Côte, avec le cirque cannois tous les mois de mai. On a les époques que l’on mérite…Voilà en tous les cas un bon divertissement et du soleil en plein hiver, ça fait du bien.

AW

Bons baisers de la Côte d’Azur, mardi 25 décembre à 20 heures 40 sur France 5

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