21 avril 2015
De notre responsabilité

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De Mare Nostrum à Triton. Le premier aide, le second repousse. L’éthymologie s’est confirmée sur le terrain, avec des centaines de morts à la clé, hommes, femmes et enfants qui sont allés périr dans ce grand cimetière qu’est devenu la Méditerranée. Le Pape François l’avait dénoncé dès juillet 2013 en visitant l’île de Lampedusa:“Père, nous te demandons pardon pour celui qui s’est accommodé et s’est enfermé dans son propre bien-être qui porte à l’anesthésie du cœur, nous te demandons pardon pour ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des situations qui conduisent à ces drames.”

Cette semaine, grâce à la météo redevenue clémente et une Libye qui, aux mains de l’Etat Islamique et de généraux plus ou moins dangereux, est des plus inhospitalières depuis que, rappelons-le, Nicolas Sarkozy et son ami philosophe à la chemise blanche BHL, ont voulu “faire le ménage” selon les mots de Jean Pierre Chevenement. Résultat, après l’intervention Franco-britannique en 2011 qui a mis un terme à la dictature de Kadhafi et l’ a réduit au silence quant aux largesses financières qu’il aurait octroyé à l’UMP, c’est plus de 1.600 morts que l’on dénombre depuis les quatre premiers mois de 2015 avec les gardes-côte italiens qui ne doivent plus, depuis le 1er novembre 2014, que surveiller les frontières et non plus sauver des migrants.

Vers le crowd founding humanitaire?

Leur rayon d’action est ainsi limité aux eaux territoriales européennes, avec à la clé une économie de 6 millions d’euros par mois. Le prix de milliers de vies- 150 000 personnes soit 400 par jour- une action quasi humanitaire que les conservateurs italiens, ont vu comme un « appel d’air », avec l’idée que si l’on sauve, on encourage les passeurs et les migrants.

Face à cette incurie et notre responsabilité collective, certains particuliers décident également d’agir comme cette ONG maltaise MOAS -The Migrant Offshore Aid Station qui,  financée par un riche couple américano-italien, a permis de sauver quelque 3 000 immigrés en Méditerranée à l’été 2014 grâce à un navire de 40 mètres embarquant deux drones et des secouristes. Cette ONG qui a lancé un appel à des financements- une sorte de crowdfounding humanitaire- fin 2014 enpartenariat avec Médecins sans frontières- est aujourd’hui plus que jamais sous les feux de cette terrible actualité. Et nous offre le visage sombre de notre indifférence, citoyens de pays où l’on sponsorise plus facilement un tableau ou un arbre qu’un être humain.

Par Laetitia Monsacré

 

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