22 mai 2015
De Londres à Cannes, en passant par Calais

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Quelle semaine…Jim a raté Queen Elizabeth lundi- et la pluie au Chelsea Flower show pour assister aux adieux d’Aurélie Dupont à Garnier mais a touché, bien malgré lui, à la faveur d’un Eurostar complet ce que peut être l’immigration clandestine dans cette porte-sésame que peut être Calais. L’Angleterre, voilà donc le nirvana pour tout migrant comme le montre la fin que certains journalistes auront trouvé ridicule du glaçant Dheepan de Jacques Audiard qui a eu les honneurs de la grande salle Louis Lumière pour cette nouvelle édition du festival de Cannes. Du glamour, des paillettes qui maquillent une ville quadrillée par vigiles qui gardent des portes inaccessibles au quidam, CRS qui assurent la circulation en vous interdisant de traverser et autres policiers qui verbalisent le mégot jeté à 180 euros. Le champagne qui coule ici à flot tente alors de faire oublier à ceux encore capable de s’en rendre compte de la prison dorée que devient cette ville durant quinze jours, foire des vanités et des égos où un badge et un carton d’invitation plus qu’une Rolex témoignent de savoir si vous avez réussi ou non votre vie. Antoine de Saint Exupéry revu par Harvey Weinstein a beau le clamer dans Le Petit Prince dont l’adaptation en dessin animé est présenté à Cannes ce vendredi: “L’essentiel est invisible aux yeux”- ici personne n’y croit. Et tous ont oublié les enfants qu’ils ont pu être comme le montre ce petit Prince devenu Mr Prince, employé obéissant du businessman qui règne en maître absolu, ayant même réussi à enfermer les étoiles sous cloche. Pas sûr que cela finisse comme dans le film en happy end…

Par Laetitia Monsacré

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