19 juillet 2016
De Giraudoux à Hugo en passant par Musset

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Voilà qui est devenu rare, une pièce avec onze interprètes. Jean Giraudoux a connu cet âge d’or du théâtre privé, loin des seul en scène, lorsqu’il a écrit Ondine, pièce sur l’amour fou entre Hans, un chevalier et Ondine, jeune femme venue de la rivière, qui tentera de vivre avec les humains. Ces humains dont, à l’image de Bertha, la promise d’Hans, elle sait lire les pensées viles; elle apprendra aussi leurs mensonges et comment de les reproduire, initié par le Chambellan, ainsi que leurs tromperies, même si cela la conduira à sa perte. La compagnie du Catogan offre ici toute son énergie et sa bonne humeur pour occuper la scène de la bien nommée Cour du Barouf. Et malgré le fort mistral qui règne ce jour-là, livre devant des gradins combles une version enchantée et virevoltante de la pièce créée en juin dernier à Versailles d’où la troupe est originaire. Marie Grach, cheveux au vent incarne une belle Ondine qui se débat face à François Podetti, roi des Ondins qui la juge traitresse de sa condition.

Les classiques, revus et réinventés

1830, Balzac, Hugo, Sand propose pour sa part de revisiter les écrits de ces trois grands auteurs qui se sont souvent croisés sur fond de révolution et de censure. Stéphane Dauch, Jean Christophe Frèche et Marion Montel jouent avec bonheur ces trois écrivais, tour à tour rebelles, reconnus ou en proie aux doutes et à la colère. La justice sociale est leur quête commune, à travers leurs actes ou leurs écrits, en ce XIXème siècle que les comédiens semblent feuilleter tel un livre d’histoire. On y entend Chopin et les vers de Musset, George Sand ayant été aimé par de grands hommes, avec grâce cette Compagnie Chouchenko l’envie, une fois sorti, de se replonger dans les écrits des ces trois figures majeures de la littérature.

Ils sont également trois sur scène, les joyeux drilles de la Compagnie La vie est ailleurs et ont choisi de mettre en scène la pièce inspiré par Georges Sand à Musset, On ne badine pas avec l’amour. Camille et Perdican, mais également tous les personnages de la pièce, de la bigote en passant par Rosette, la paysanne séduite. Le jeu est parfait, le rythme enlevé et la mise en scène à la fois ludique et inspiré, ne laissant aucun temps mort grâce à la musique jouée par une des comédiennes, dans ce classique qui peut être bien ennuyeux pour qui le revoit de fête d’école en fête d’école…Mais ici,  rien de tout cela: c’est frais et jeune, à l’image de toutes ces compagnies qui font leur “Avignon”, en évitant chacune à leur façon de badiner avec le théâtre…

Par la rédaction

On ne badine pas avec l’amour, Théâtre des Trois soleils, à 21h30, jusqu’au 30 juillet 2016

1830, Sand, Hugo, Balzac, tout commence…, Théâtre Ambigü, à 20h 15 jusqu’au 31 juillet 2016

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