28 octobre 2016
De Courgette à deux Captain Fantastic

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Pour occuper les deux semaines de vacances de vos bambins, voilà notre sélection de films à ne pas manquer; et si vous n’en avez pas-d’enfants ou de vacances- allez-y quand même. En tous les cas, entre la poupée boursouflée rose des Trolls– déjà un million d’entrées- et Courgette, le petit orphelin en pâte à modeler né de l’imagination de Gilles Paris, revu par la talentueuse scénariste Céline Sciamma et réalisé par Claude Barras, y’a pas photo. Si la première vous permettra de retrouver les meilleures heures de la pop music et offre un moment ludique plutôt de bonne facture mais déjà vu cent fois, Ma Vie de Courgette est un miracle d’animation et d’humanité où la vie est montrée telle qu’elle est-dure. Car, même si cela finit bien, on ne peut pas dire que les fées se soient penchées sur le berceau de Courgette. D’un père de passage, d’une mère alcoolique qui monte au ciel plus tôt que prévu, le petit garçon atterrit au commissariat; il y rencontrera la chance de sa vie mais ne le sait pas encore. Envoyé dans un orphelinat, il y côtoie la dureté, mais aussi la solidarité et des adultes qui apportent enfin du soleil dans la vie de ces petits moineaux dont les parents sont défaillants. Et c’est les yeux humides que vous écouterez le générique de fin avec la très belle version Le vent l’emportera de Sophie Hunger.

Destins en marge de la société

Ben, fantastique Viggo Mortensen- est lui le père rêvé, enfin presque. Il a choisi de fuir les Etats Unis du Cola Cola et de la world compagnie pour leur apprendre la philosophie, l’escalade et comment tuer pour son dîner. Mais la société vous laisse rarement vivre vos rêves, d’autant qu’être adapté peut s’appréhender de différentes manières. Captain Fantastic a fait l’unanimité à Cannes et c’est de bonne guerre: le film est aussi brillant que revigorant à travers sa critique de nos sociétés consuméristes où l’éducation donnée dans les écoles vous prépare à juste y adhérer. Pas facile en effet de vouloir autre chose que le lot commun même si cela donne des destins à l’image de celui de Cousteau, dont le biopic l’Odyssée offre un très beau portrait, avec ses ombres et la lumière bleue de l’océan pour un trio au cordeau, Lambert Wilson, Pierre Niney et Audrey Tautou.

Autre destin remarquable, celui de Christian des Pallières, un français qui, enfant, a perdu le château familial sous les bombes allemandes et a décidé que cela le délivrerait à jamais des contingences matérielles. La femme de sa vie rencontrée, “avec elle, je me suis dit: on va pouvoir rêver ensemble”, ils emmènent à la façon de Captain Fantastic leurs enfants en mobilhome puis, jeunes retraités découvrent à Phnom Penh la décharge où des centaines de jeunes enfants tentent de trouver de quoi se nourrir; les rats, la maladie, les camions qui écrasent ses pauvres hères, les parents qui les prostituent ou les battent, c’est toute la misère du monde qui se trouve là. “On s’est dit qu’on ne pouvait pas ne rien faire”. Ils vont rentrer en France, lever des fonds avec leurs enfants en jouant de la musique en copie conforme de la famille Trapp de La Mélodie du Bonheur et revenir pour ouvrir d’abord une tente pour les nourrir, puis une école avec des années plus tard, 10 000 enfants sauvés, scolarisés, voire adoptés. Xavier de Lausanne a saisi dans Les pépites toute l’humanité de ce père Thérésa et de quoi rassurer son public sur dans le genre humain. D’ailleurs, fait rarissime,  les spectateurs ont applaudi à la fin. Comme quoi, il ne faut jamais perdre espoir…

AW

 

 

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