15 janvier 2014
Dassault, aux origines

Marcel Dassault

Alors que son fils fait la une des journaux -enfin pas du groupe Figaro qui lui appartient-, le patriarche, Marcel Dassault fait l’objet ce vendredi soir sur Arte d’une fiction, L’homme au pardessus qui replonge dans les origines de son empire. Années 30, le premier avion de chasse sort de ses usines, intéressant à la fois de Gaulle et les Américains. Un journaliste qui demande à faire le portrait de celui qui  s’appelle encore Marcel Bloch -un nom juif-, s’entend dire qu’il n’aura le droit de ne lui parler ni du passé ni du présent; seul le futur l’intéresse. Denis Lavant campe à la perfection ce “patron” autoritaire dessinant lui même ses avions et qui dut sous le Front Populaire, céder ses usines mais conserva ses bureaux d’études. De là sortiront des avions de guerre pour les Républicains contre le général Franco en Espagne tandis que la Seconde Guerre mondiale le conduira de force en Allemagne où Hitler le veut, le talent de ce “Mozart de l’aviation” étant venu jusqu’à ses oreilles.

Tenir tête et avancer

Il refusera, ira à Buchenwald et se convertira avec Madeleine, sa femme, au catholicisme en changeant de nom. Ce sera donc Marcel Dassault, devenu une des légendes du patronat et de l’industrie française, patron de Jour de France -“l’actualité heureuse”- dont il s’amusait à rédiger l’horoscope, également élu député. Le film, très efficace et complet, a été réalisé en un temps record de 22 jours par Olivier Guignard qui a choisi d’ imaginer comme trame au récit, une enquête de la CIA le prenant pour un “rouge” pour repasser le film de sa vie, montrant les largesses financières envers les élus qui durent inspirer par la suite son fils Serge… A ” Dieu vous le rendra” , il répondait “Ça m’étonnerait qu’il en ait les moyens!”. Voilà ce qui résume bien l’homme qui n’hésita pas non plus à tenir tête au général de Gaulle et sut prendre tous les virages, y compris celui des jets privés, lui qui détestait prendre l’avion.

LM

L’homme au pardessus, diffusé sur Arte, le vendredi 17 janvier à 20heures 40.

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