7 novembre 2013

La Mie dorée ou un nom tout aussi ridicule, une décoration digne d’un centre commercial Auchan, ça y est, le Marché Saint-Germain-des-Près venait de récupérer une boulangerie. Le quartier, devenu trop cher en loyer pour que l’on puisse y acheter autre chose que des chaussures ou des manteaux -difficilement comestibles vous en conviendrez- ne comptait plus depuis près d’une année que sur la star du coin, le pâtissier  Mulot -file d’attente en conséquence et pain tout à fait médiocre à moins de se lâcher sur la baquette au levain, 1 euro 50- bref, l’attente était forte. Et la déception d’autant plus grande de voir que l’ancienne boulangerie est désormais avant tout un espace de restauration rapide avec salades et sandwichs, quelques tables et quand même un peu de pain. Mais, bien au fond de la pièce, accessible après avoir attendu de bonnes minutes que les clients précédents se décident sur sa formule déjeuner-« pour le coca en bouteille, il y a un supplément de 30 centimes d’euro, vous prenez quand même? »– et cela même le soir. Lorsqu’enfin, on atteint le Graal, un baguette dure comme du carton ou molle comme une quenelle -selon l’heure de consommation, il vous reste alors à glisser des pièces dans une machine car ici, soyons clairs, pas question de perdre du temps! Ni que cet espace à la laideur  » chatoyante », même pas ouvert le dimanche, ne donne l’impression au local qu’il est ici attendu, à ne vouloir qu’une modeste baguette de pain dont le modèle économique ressemble à celui de Florange.. Alors entre les Krisprols -suédois- ou les Wasa allemands, il a bien fallu que ma famille se mette chaque soir  à la mondialisation ayant intégré qu’au coin de la rue, les baguettes étaient désormais réservées aux touristes acceptant de venir les acheter ici au même titre qu’ un souvenir…

AW

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