24 juin 2013
Ciel, ma maison!

La belle table en bois exotique avec les huit chaises à 200 euros? Emportée ! Comme la maison. Rien n’a résisté à la crue de la Garonne. La faute à cette météo désespérante qui a foutu en l’air le printemps. Pauvres habitants de ces villages sinistrés, pauvres commerçants qui disent avoir connu une baisse de leurs ventes de 30 % dans l’habillement. Et l’on ne vous parle pas des marchands de glaces ou de crèmes solaires… A des milliers de km, la forêt souffre. En Afrique, elle est chaque jour saignée malgré les mises en garde des scientifiques sur l’importance de ce poumon vert sur les variations climatiques. Mais l’homme continue à se croire tout puissant, à détruire avec des machines chaque jour un peu plus puissantes, plus rapides, plus sophistiquées ce que des siècles avaient mis en place; ce que des générations d’hommes avaient respecté. Alors, comme le montre le journal télévisé, on est sous nos latitudes  à essayer avec des sacs de sable, à mains d’hommes ou avec un modeste tractopelle à tenter de contenir la fureur de la nature lorsque celle-ci reprend ses droits. Et punit. Les payeurs ne sont pas les coupables? Pas sûr… En acceptant d’acheter tout à bas prix dans les grandes surfaces et autres Leroy Merlin, le consommateur n’est pas totalement innocent. Comme ce clip contre la fourrure où lors d’un défilé, le sang jaillissait des manteaux sur le public présent, c’est toute la sève de ces arbres centenaires pour certains et l’écosystème qu’ils abritaient -hommes, insectes, animaux comme le montre le documentaire diffusé sur France 5,  Baka l’appel de la forêt que l’on détruit. Pourquoi ne pas alors, comme sur les paquets de cigarettes, montrer des photos du pillage qui s’exerce sans que personne ne s’en offusque? “Consommer tue”, voilà bien un message qui devient de plus en plus vrai mais ne risque pas d’apparaître sur les produits dans les supermarchés. Quant au “Ceci ne nous intéresse pas” prôné par Jean Rouaud dans son petit livre Manifeste de notre désintérêt, nous en sommes encore très loin. Alors pour longtemps encore, il y a aura des inondations et pas de miracle à Lourdes quand il s’agit d’y accueillir la colère du ciel.

Par Laetitia Monsacré

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