13 février 2014
Ida/ Chemin de croix

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“Nous sommes les oiseaux qui restent de ce côté-ci des morts”. On retrouve dans le film Ida assurément la poésie d’Emily Dickinson. Chaque plan en noir et blanc de ce film du réalisateur polonais Pawel Pawlikowski semble un cliché photographique à l’épure parfaite, un bonheur esthétique qui contraste avec la dureté de l’histoire et de cette Pologne des années 60 ô combien pauvre et hantée par ses fantômes. Le polonais n’a pas été un modèle, loin de là, avec les juifs pendant la seconde guerre mondiale. Particulièrement antisémite, on retrouve dans ces paysages sans âme tout ce que la délation, l’avidité a pu laisser comme cicatrices indélébiles. Y évolue Ida- incandescente Agata Trzebuchowska-  jeune nonne en passe de prononcer ses voeux, une jeune fille qui ne sait rien de son passé et doute de son futur. Alors, à l’aide de sa tante, elle va parcourir la campagne afin de retrouver ses origines et tenter de se trouver. De longs plans séquences, aucune facilité dans la mise en scène, le film n’est pas pour tout public. Il faut être prêt pour le voir à aller dans un ailleurs, entrer dans une méditation silencieuse exigeante et suivre cette jeune femme-là où le cinéma nous emmène rarement ce que de nombreux festivals n’ont pas manqué de récompenser.

LM

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