14 octobre 2014
Castor et Pollux fait la réouverture du Théâtre des Champs Elysées

CASTOR ET POLLUX -

Colonnes et fresques à l’antique, l’Art Nouveau version grec du foyer du Théâtre des Champs Elysées s’invite sur la scène de Castor et Pollux, tribut aux commémorations de l’année Rameau, mort il y a 250 ans. A rebours de transpositions contemporaines, Christian Schiaretti a choisi une esthétique plutôt littérale pour illustrer cette histoire d’amitié fraternelle contrariée par la jalousie de Phoebé, rivale malheureuse de sa sœur Télaïre dans son amour pour Castor. Héros aux armures étincelantes qui rappellent le contexte guerrier, Enfers avec fumigènes, cornes et griffes, et surtout l’éblouissante constellation en projection vidéo évoquant le sort final des deux frères dans les cieux, l’ensemble est agréable à regarder et ne devrait pas décoiffer brushings et mises en plis du parterre. On a bien entendu aux saluts du chorégraphe, Andonis Fondaniakis, dont la danse très dynamique avec ses lancers de bras tourne hélas rapidement en rond, quelques huées de la part de ceux-là même qui s’offusqueraient de trop d’audace – un certain public parisien aime manifester son désaccord qu’il prend pour de l’intelligence et de la culture…

Entre dieux et mortels

Peut-être un peu trop respectueuse pour ne pas rester dans une relative tiédeur, la production pâtit d’une distribution inégale, sinon décevante. Valeur montant du chant français, Omo Bello prête à Télaïre son timbre velouté, mais manque de naturel dans la diction, qualité ici pourtant essentielle. Edwin-Crossley Mercer impose en Pollux une voix puissante quoiqu’avare de nuances, tandis que son jumeau Castor s’offre le bien discret John Tessier. Michèle Losier incarne quant à elle une Phoebé plus métallique qu’expressive. On pourra se consoler avec le Jupiter d’autorité parfois appuyée de Jean Teitgen et les interventions assez réussies de Reinoud van Mechelen – Mercure, spartiate et athlète. Heureusement, il y a Hervé Niquet, qui veille au respect du style de la tragédie lyrique, et garantit une bonne intelligibilité du texte, même si sa direction très allante privilégie l’énergie au détriment parfois de la finition formelle. Saluons également le remarquable travail du Chœur du Concert Spirituel. En somme une ouverture de saison entre dieux et mortels…

GL

Castor et Pollux, Théâtre des Champs Elysées, jusqu’au 21 octobre 2014

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