29 mai 2016
Britannicus, froid comme un conseil d’administration

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C’est Stéphane Braunschweig, candidat malheureux au Français mais qui a hérité d’un joli lot de consolation avec la direction du Théâtre de l’Odéon, qui met en scène ce Britannicus que vous pourrez découvrir jusqu’au 23 juillet. La langue de Racine, toujours aussi brillante, dite dans cette mise en scène avec rapidité par des voix souvent blanches, pourra paraître bien froide à ceux qui voit cette pièce enseignée dans tous les collège de France en 5eme comme un sommet de l’émotion. Avec un casting éblouissant, Braunschweig  place l’intrigue de palais dans une salle aseptisée de conseil d’administration avec une grande table devant des portes immenses par lesquelles on entre à moins que l’on ne reste derrière elles à épier ou intriguer. Dominique Blanc déroule telle une lionne son sauve-qui-peut en Aggrippine face à son Néron-épatant et effrayant Laurent Stocker, son fils, lequel ne l’est plus car devenu le “maître du monde”, amoureux éconduit de la belle Junie, lumineuse et ô combien talentueuse Georgia Scallet qui fat son retour salle Richelieu après avoir connu les joies de la maternité en amoureuse victime du pouvoir.

Efficace mais pas très rock’n roll

Séparée de l’homme qu’elle aime, Britannicus, elle donne à entendre de magnifiques alexandrins qui résonnent comme une musique délectable aux oreilles des spectateurs, avec ces sonnets qui paraphrasent délicieusement le langage courant: “l’heureuse liberté de ne le voir jamais”, “aucun objet ne blesse ses yeux”, “comme occupé de son nouvel amour, mes yeux sont restés ouverts jusqu’au nouveau jour, “commandez qu’on vous aime et vous serez aimé”, “toujours  de mon coeur ma bouche est l’interprète”. Le texte se déroule avec bonheur et limpidité pour deux heures où certes tout cela peurt sembler bien glacial et sans émotion aux scolaires présents qui ont regretté de ne pas voir des vidéos ou une revisitation un peu plus rock’n roll comme celle de La Mouette proposée actuellemnt par Thomas Ostermaier à l’Odéon. Peut être un début de remise en question du patron des lieux…

LM

Britannicus à la Comédie Française, salle Richelieu à 20h30

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