14 octobre 2016
Bob Dylan, like a Nobel

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Murakami était attendu, le poète syrien Adonis aussi, mais c’est donc un homme plus connu pour ses chansons- “un parolier”- que ses livres qui a obtenu ce jeudi 13 octobre 2016 le prix Nobel de littérature. Et l’Académie de saluer-avec à la clé un chèque de 800 000 euros, de son vrai nom Robert Allen Zimmerman, comme “un grand poète dans la pure tradition anglophone” en ajoutant que “ses paroles s’inscrivent dans la tradition de grands textes poétiques d’Homère ou de Sappho”. Les 17 membres de l’Académie suédoise avaient reçu en février une liste d’environ 200 candidatures afin de rendre hommage à la carrière d’un homme de lettres dans la lignée de ce prix créé en 1901 pour couronner des personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité » suivant les derniers vœux d’Alfred Nobel qui, inventeur de la dynamite, souhaitait ainsi se racheter. Ils ont donc choisi celui qui, dans les années 60 avec Blowin’ in the Wind et The Times They Are a-Changin- a inventé ce que les américains nomment des “topical songs”, des chansons engagées, veritables hymnes anti-guerre du Vietnam.

Autiste sur scène

Du folk, de la country, du blues, du gospel, du rock ‘n’ roll, Bob Dylan ne s’est rien interdit en près de soixante dix ans de carrière, toujours bien vivant à 75 ans avec pour preuve son dernier très bel album, où le fantôme de Franck Sinatra rode, Shadow in the night. Au total trente sept albums bien plus satisfaisants que ses concerts où l’on peine désormais à reconnaitre ses chansons avec le sentiment assez désagréable que Bob préférerait être ailleurs-lire notre article lors de son passage au Palais des Congrès. Reste un artiste stupéfiant dont se réclame la crème des chanteurs actuels de David Bowie à Neil Young en passant par  Paul Simon, Jeff Buckley, Bruce Springsteen, Tom Waits ou Elvis Costello. De ses débuts en 1961 où il assura la première partie de John Lee Hooker à sa consécration par ce Nobel, lequel suit le prix Pulitzer en 2008, Bob Dylan demeure un des artistes majeurs de notre siècle, se renouvelant sans cesse même si ce Nobel laisse certains dubitatifs, y compris l’intéressé qui n’a pas eu un mot sur scène jeudi 13 octobre à Las Vegas. Il est vrai qu’il n’a pas eu un bonjour non plus pour les spectateurs présents…

AW

 

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